‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 143 sur 194 · LA DÉFIÎNITION DE L ESPECE · texte numérisé non relu

LA DÉFIÎNITION DE L ESPECE

curieuse à l'origine des êtres vivants, avant même toute application des idées de classe, et le fait de génération naturelle, les faits de parenté et de descendance sont entièrement subordonnés à la création de toutes les sortes de formes et de degrés. « Le rapprochement sexuel, dit Agassiz^, est le résultat, ou plutôt il est l'expression la plus frappante de l'alliance étroite établie à l'origine entre les individus de la même espèce; mais il n'est en aucune façon la cause de leur identité dans la suite des générations qui se succèdent. Après la création, les animaux de la même espèce se sont réunis par couples, parce qu'ils étaient faits l'un pour l'autre ; ils ne se sont pas recherchés dans le but de fonder leur espèce, car celle-ci existait pleinement avant que le premier individu provenant de leur union fût venu au monde. c< Cette façon d'envisager le sujet acquiert d'autant plus d'importance qu'il devient plus probable que les espèces n ont pas pris origine par couple unique, mais ont été créées avec un très grand nombre d'individus, dans les proportions numériques qui produisent l'harmonie naturelle entre les êtres organisés. « Ici l'auteur s'appuie sur l'existence de tant d'espèces chez lesquelles les propriétés sexuelles n'ont rien d'essentiel pour les individus, ou ne servent pas à leur propagation, sur les générations alternantes, sur le polymorphisme, sur les animaux raétifs, etc.; il nie formelleme^it et l'unité locale d'origine de chaque espèce, et le lien généalogique des individus comme critérium de l'identité spécifique. «Avec ce fantastique critérium disparaît la prétendue réalité de l'espèce, opposée au mode d'existence des genres, des familles, des ordres, des classes, des embranchements... L'espèce est une entité idéale, aussi bien que le genre, que la famille, que l'ordre, la classe ou l'embranchement; elle continue à exister, tandis que, génération après génération, ses représentants meurent. Mais ses représentants n'expriment pas simplement ce qu'il y a de spécifique dans l'individu, ils manifestent et reproduisent de la même manière, de génération en génération, tout ce qui en eux est générique, tout ce qui caractérise la famille, l'ordre, la classe, l'embranchement, avec la même plénitude, la même constance, la même précision. » Après avoir rappelé les traits (ils sont arbitraires ou vagues) par lesquels il définit ces termes de classification comme relatifs à des modes d'existence aussi naturels, aussi peu artificiels que peut l'être celui de l'espèce, Agassiz conclut que les individus sont à titre égal les supports des traits naturels de tous ces groupes qu'ils représentent, de même que, pendant

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