‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 153 sur 194 · Kant, Critique du jugement, t. II, p · texte numérisé non relu

Kant, Critique du jugement, t. II, p

une production le principe de Tunité de la liaison de ses éléments divers et extérieurs les uns aux autres... Il est absolument-impossible (pour notre raison) de la résoudre, si nous ne nous représentons ce principe des choses comme une substance simple; l'attribut de cette substance, sur lequel se fonde la qualité spécifique des formes de la nature, à savoir l'unité des fins, comme une intelligence; et, enfin, le rapport de ces formes à cette intelligence (à cause de la contingence que nous concevons en tout ce que nous ne pouvons nous représenter autrement que comme fins) comme un rapport de causalité ^ »

Unité, simplicité, substantialité, intelligence et pouvoir créateur, voilà donc ce que, la finalité une fois admise, il est impossible à notre raison de ne pas admettre dans le principe des choses; et, cette finalité, nous ne pouvons ne pas la supposer dans notre jugement; et toutefois il y aurait de la présomption à assurer que, si nous pouvions pénétrer jusqu'à ce principe des choses, nous y trouverions cette finalité, un dessein présidant à la production des formes de la nature ! Voilà ce que pense Kant. Gela semble des contradictions, mais cela sort des dernières profondeurs d'une métaphysique de laquelle sont nées, avec des titres sérieux, si ce n'est égaux, à se réclamer d'elle, les philosophies de Fichte, de Schelling, de Hegel et de Schopenhauer; d'une métaphysique dont il ne serait pas malaisé, en remontant, de montrer les rapports avec les doctrines infinitistes et mystiques du moyen âge et de la Renaissance. L'auteur de la Critique de la raison pure et de la Critique de la raison pratique n'est-il pas l'inventeur, dans le premier même de ces ouvrages, d'une prétendue solution des antinomies de la raison, suivant laquelle il y aurait au fondement du monde telle chose, un noumène, par rapport à quoi l'espace et le temps n'étant que des phénomènes, la question de savoir si le monde est fini ou infini, a ou n'a point commencé, est une question dénuée de sens?

Ne cherchons pas des interprétations de cette vue hypertranscendante, qui ne manqueraient pas de nous conduire à un monstre métaphysique du genre de l'éternité tota simul de Boëce et de S. Thomas, ou de l'identité de quelque chose et de rien, dans l'Abîme de Jacob Boehme et dans le premier moment de l'Idée de Hegel, ou de la Volonté de Schopenhauer avant qu'elle se fît matière et phénomène ; tâchons de nous représenter sous une forme réellement intelligible le substratum intelligible de la nature, antérieur aux règnes actuels de la vie; rappelonsnous ce que le philosophe qui nous renvoie à ce substratum a

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