‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 156 sur 194 · Ch. Secrétan, lac. cit · texte numérisé non relu

Ch. Secrétan, lac. cit

fâcheux encore que Timpossibilité de réserver dans révolution une place pour Torigine et la raison d'être de la liberté humaine; c'est que, même en supposant cette liberté introduite, le péché originel et Vorigine du péché sont impossibles, et c'est Dieu qui demeure responsable du mal, puisque les êtres qui le commettent en ont perpétré l'acte matériel naturellement, en conformité de la nature qu'ils tiennent de leur création même et du cours de l'évolution que Dieu a voulue ; et que le mal ne leur a été révélé comme tel que postérieurement à l'acte, on ne sait comment. Nous avons de M. Secrétan lui-même l'aveu de ce vice irrémissible pour une théorie qui voudrait être chrétienne : « Le mal est ourdi dans la chaîne et dans la trame du monde actuel, et ce monde nous paraît être l'évolution d'une puissance qui se réalise. Pour éloigner de Dieu la causalité du mal, c'est-à-dire pour conserver l'idée de Dieu, nous en ' attribuons l'origine au libre arbitre de la créature. Mais comment concevoir le libre arbitre, comment asseoir la responsabilité, sans attribuer au sujet l'intelligence des alternatives qui se posent devant lui, la connaissance, ou tout au moins le pressentiment du devoir, une conscience distincte, qui ne saurait se concevoir avant l'action? » M. Secrétan ne se charge pas de résoudre la difficulté qu'il formule ainsi ^

Il est de toute évidence que l'esprit des textes bibliques est celui d'une doctrine de création de l'homme dans une condition de bien-être, au sein d'une nature inoffensive, heureuse; que le péché est, selon cet esprit, commis sciemment par l'homme en violation d'un commandement du Créateur, et que la source du mal physique est là, savoir, rattachée à celle du mal moral. Ces trois conditions sont également violées par l'évolutionisme créationiste qui prend pour l'œuvre de Dieu le monde mauvais, objet des justes malédictions des pessimistes.

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