‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 16 sur 194 · L ANALYSE DES FONCTIONS HUMAINES XXV · texte numérisé non relu

L ANALYSE DES FONCTIONS HUMAINES XXV

nairement, non nécessairement ce semble, à des états pathologiques, composent la partie mentale des cas de manie, monomanie, aliénation, dont la démence est la terminaison la plus commune.

Le remède à ces alTections mentales, prises avant l'époque où le vertige devient habituel et irrésistible en intéressant la représentation tout entière , le remède préventif est le développement de la force réfléchie, que Ton peut ici nommer justement le doute et le savoir douter en présence des affirmations qui s'offrent à la volonté.

Si la liberté n'est point réelle, il n'y a de discernement à faire, touchant les jugements de réalité et de vérité, qu'en se fondant sur leur admission plus ou moins générale et sur l'approbation ou la désapprobation d'autrui. Alors le vrai et le faux sont également nécessaires et ont en cela des titres égaux de créance, car c'est une manière d'être dans le vrai, que de suivre une loi nécessaire en affirmant faussement le faux des autres hommes.

Alors aussi les jugements de droit et de devoir, de m.érite et de démérite, et la masse des sentiments moraux de l'homme, tels que lui-même les entend, sont vains et reposent sur une illusion reconnue, quoique inévitable. Ils impliquent, en efPet, que des actes sont qui auraient pu ne pas être, et que des actes ne sont pas qui auraient pu être, et cela en vertu de cette liberté qui n'est pas réelle.

La conviction du néant de la liberté, si elle était établie parmi les hommes, engendrerait tour à tour l'inaction ou le fanatisme. Mais elle ne s'établit jamais pratiquement, même chez ses adhérents, et c'est une propriété singulière de la loi de nécessité de toutes les déterminations de conscience, en la supposant vraie,

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