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VICE DE l'opinion COMMUNE 307
avec des individus destinés à périr*. L'instabilité, la guerre, la douleur et la mort sont donc toujours la méthode de la création, si cela se peut réellement appeler création. Rien de semblable, on devrait en convenir, n'est idéalement admissible dans ce que le dieu de justice et de bonté, s'il en est un, a pu vouloir et faire.
Ne peut-on pas reprocher d'avoir entretenu des vues trop courtes sur les possibilités de l'univers, — et je dis d'un univers même physique, — aux philosophes qui n'ont pas osé sortir du monde des naturalistes pour se donner la contemplation idéale d'une autre nature que Dieu aurait pu vouloir et faire, parce qu'elle était bonne, et que l'Homme, le véritable homme primitif, aurait changée, parce qu'elle était constituée pour lui et dans sa dépendance.^ Ce n'est pas qu'elles aient manqué, les doctrines, qui ont, les unes, parlé vaguement d'une (( corruption de la nature » par le péché de l'homme, les autres, demandé à la métaphysique de leur fournir une théorie de la déchéance avant la nature, une idée de la chute de « la Créature », sorte d'être indéterminé, considéré dans l'unité, hors de toutes conditions définies à l'aide desquelles sa vie morale et son existence ellemême pussent être conçues avec la moindre précision. Ces dernières doctrines, d'esprit moniste, reviennent toujours en réalité à définir le mal par la division de l'unité primitive, soit Dieu lui-même, soit un être qui ne s'en distinguait pas, et, allant encore plus à fond, par la vie et par l'existence, dont les idées impliquent pluralité, individualité. C'est, à vrai dire, une forme du bouddhisme. Quant à l'autre doctrine, à la doctrine courante, elle place plus intelligiblement, et, au point de vue religieux, plus pratiquement, le péché originel dans l'humanité et sur la terre, mais cette humanité est réduite à un couple, mais cette terre du paradis, cette