‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 170 sur 194 · Les Contemplations., Ce que dit la bouche d'ombre · texte numérisé non relu

Les Contemplations., Ce que dit la bouche d'ombre

par le poids de son corps lourd sur un globe massif, et menacé d'écrasement à tout instant, quand il manie les matériaux de son entourage, qu'on fût plus frappé des mauvais que des bons côtés de cette pesanteur, des effets de laquelle a été tirée précisément l'expression symbolique de la chute, et qu'on recourût alors à l'imagination des ailes des anges, ou des corps éthérés, sans organismes, des substances spirituelles, etc. Au contraire, voyant, à des distances énormes, dont on ne se rendait même pas compte, ces corps célestes si beaux qui, au premier abord, semblent placés le mieux possible pour verser et mesurer la lumière et la chaleur aux habitants de la terre, on n'a pas su à la condition de quels épouvantables phénomènes ces apparences séduisantes et ces bienfaits étaient obtenus; on a détourné son attention des irrégularités nuisibles d'une distribution qui dépend de la position de la planète ou de ses différentes parties par rapport au soleil, qui pèche continuellement par excès ou par défaut, et devient la cause de toutes sortes d'autres perturbations ; et l'on n'a guère songé à la possibilité d'un ordre de choses plus réellement fait pour r homme, où il serait lui-même le maître de la lumière et de la chaleur, et capable de les produire à son gré et de les proportionner partout à son utilité et à ses plaisirs .

On voit qu'il en est de ces phénomènes comme de ceux de la pesanteur. Tels que nous les éprouvons, ils ont dû tous également, dans notre hypothèse de la chute, à laquelle nous ne faisons qu'appliquer la loi capitale de la théorie mécanique de la chaleur, être des conséquences de la grande révolution, qui, détruisant l'organisme universel, a déchaîné les éléments delà matière passée à l'état brut, — état analogue, alors, à celui de la nébuleuse primitive et inexpliquée de la cosmogonie matérialiste, — puis les a réunis par masses avec des développements de chaleur assez grands pour les tenir longtemps dissociés, et les a conduits enfin par le

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