‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 18 sur 194 · L ANALYSE DES FONCTIONS HUMAINES XXVII · texte numérisé non relu

L ANALYSE DES FONCTIONS HUMAINES XXVII

volition ne se produit sans représentation intellectuelle et passionnelle inhérente, jamais l'intelligence et la passion, dans les actes délibérés, sans qu'une volition se joigne à l'appel ou au maintien de chaque phénomène interne.

Les doctrines aprioriques du panthéisme et du matérialisme sont aptes à démontrer la nécessité universelle des choses, mais par un cercle vicieux. La substance, que ces doctrines supposent, et qui n'est qu'une catégorie poussée à l'absolu, hors de toute réalité représentable, la substance, avec ses propriétés et modes préexistants à leur propre développement, n'est qu'un corps donné à la fiction de la nécessité.

Le principe général de causalité, invoqué en faveur de la même thèse, sous le nom de raison suffisante, est une autre pétition de principe, et d'ailleurs conduit à la contradiction. Il faudrait prouver que causalité est toujours nécessité, et que nulle série de phénomènes ne part d'un acte premier. On se borne à l'affirmer, ou, si on invoque le procès infini, c'est sur l'infini actuel et réalisé, notion contradictoire, que l'on s'appuie.

La Philosophie de F histoire, comme elle se nomme, est une autre théorie nécessitaire, un autre cercle vicieux. Elle ne prévoit pas les faits : elle les prend donnés a posteriori, et elle les explique (elle explique même les faits faux) dans l'hypothèse oii ils seraient contenus a priori dans leurs antécédents, et prédéterminés autant que précédés.

L'esprit de la science est un esprit nécessaire, et très justement, puisque son but est la recherche des lois. Mais les sciences constituées, avant d'arriver au point où la liberté humaine pose une limite aux lois, ont à parcourir une carrière dont elles n'aperçoivent pas le

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