XXXIV INTRODUCTION
Nous devons aujourd'hui cesser ce jeu. Nous devons réunir les deux raisons, réunir l'homme théorique et l'homme pratique, étudier la croyance en général, scruter, raisonner, formuler notre croyance personnelle, et la proposer au consentement de ceux qui nous écoutent.
La première affirmation certaine, quelle qu'elle soit, suppose la volonté d'affirmer. En cela la certitude aurait logiquement à s'établir d'abord dans l'ordre moral et dans la liberté. Mais en fait, la croyance, si ce n'est pratique, est loin d'être universelle sur ce point. La croyance est universelle touchant des thèses de réalité que, pour cette raison, nous considérons comme propres à constituer un premier ordre de certitude.
Une première thèse pose la conscience identique, c'est-à-dire perpétuée et permanente, conformément à la loi de mémoire, puis l'accord de ses fonctions et leur véracité en général. C'est la réalité de la personne représentée à elle-même.
Une seconde thèse pose les êtres de l'expérience externe, représentés dans l'étendue et la durée, et les pose réels, ou existants pour eux, indépendamment de cette représentation particulière que nous en avons. C'est la réalité du monde.
Une troisième développe la seconde et admet, parmi les êtres, des consciences, puis d'autres fonctions analogues, puis des agglomérations réglées de phénomènes, dont la nature intime est plus obscure pour nous, mais existe encore proprement et sans nous.
Une quatrième établit certaine conformité générale entre les lois du monde, ou des êtres qui le composent, et les lois que notre représentation leur applique par ses catégories. Ajoutons la constance et l'universalité de ces