‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 26 sur 194 · LA QUESTION DE LA CERTITUDE XXXV · texte numérisé non relu

LA QUESTION DE LA CERTITUDE XXXV

lois du monde étendues au delà de ce que l'expérience en peut contrôler.

Ces points de certitude n'ont pas entre eux de division réelle et de hiérarchie ; ils ne se suivent pas chronologiquement. Le douhle mouvement de la conscience active et de l'expérience les emploie tous à l'élucidation des synthèses confuses placées au commencement de la connaissance en tout genre.

La définition scientifique des existences, des lois et de leurs fondements demeure étrangère à cette certitude. Il n'y doit rien entrer des objets des débats des philosophes. Son établissement résulte d'ailleurs de l'union des fonctions humaines, et non de leur séparation fictive. On ne s'y appuie donc pas sur la thèse des substances, ou des causes ou des qualités en soi, ni sur celle d'une étendue indépendante de toute représentation, ni sur l'évidence, ce symbole qui ne s'applique avec quelque justesse qu'à une appréhension de rapports particuliers, ni sur la faculté perceptive et sur sa vertu prétendue de fournir directement et immédiatement à la conscience des connaissances qui sont en réalité soumises à la médiation des organes et des jugements.

En s'éloignant ainsi de la métaphysique on se rapproche si bien de la science, et l'efi'et d'une bonne méthode est tel, malgré l'insuffisance apparente de la thèse des lois substituée à la thèse des entités, que des questions autrefois jugées très difficiles reçoivent une solution aisée. De ce nombre sont les problèmes soulevés par ce qu'on nomme l'éducation des sens et par le mélange de l'imagination et du jugement dans l'appréciation des distances et des grandeurs, et toute la partie philosophique de la théorie de la vision.

Le premier domaine de la certitude est suivi d'un

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