‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 32 sur 194 · XLII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLII INTRODUCTION

s'élucident et prennent la forme de lois; jugées injustes ou fausses, se corrigent ou même s'annulent. De grandes dissensions se déclarent. Mais on conçoit toujours l'espérance d'atteindre, avec la liberté en éveil, ce consentement universel qu'on n'avait point avec la liberté assoupie et avec l'autorité usurpée, ou qu'on n'avait qu'apparent, et encore sans sécurité véritable.

Ce grand changement exigerait, en théorie, que les droits d'une conscience ne trouvassent de limites légitimes, tant pour l'affirmation que pour l'acte, qu'au point où leur exercice attente aux droits des autres, ou s'affranchit, ce qui revient au même, des devoirs reconnus par la libre universalité des associés.

Mais cette universalité consentante est une idée moins réalisée que poursuivie, ou simplement supposée. La pratique la fausse en voulant à tout prix l'obtenir. L'unité et l'ordre libre, impossible dans l'actualité des faits, ne se retrouvent en quelque manière que dans une loi de variation et de développement, lorsqu'un peuple est capable de substituer la chaîne du progrès à celle des traditions rompues.

Li. LA CLASSIFICATION DES SCIENCES.

La fondation et les travaux des sciences impliquent les thèses de réalité appartenant au premier ordre de la certitude et relatives, les unes, à l'usage des lois de la conscience, les autres aux données synthétiques du monde externe. L'analyse et la définition des thèses de choses sont l'objet et la fin des sciences constituées, et ne sauraient en être le commencement, malgré les longues illusions qu'on s'est fait à cet égard. L'éclaircissement et la coordination des thèses de principes

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