LA CLASSIFICATION DES SCIENCES XLIII
n'appartiennent qu'à la critique générale. Les sciences partent en tout des mêmes synthèses que la connaissance vulgaire, et sont impuissantes à les dominer a priori.
Une classification des sciences d'après leurs degrés de certitude n'est pas proposable. Toutes doivent prétendre à la même certitude, quand elles ne dépassent pas leurs objets, quand elles analysent, constatent, formulent et ne dogmatisent pas, quand elles donnent les faits et les lois pour ce qu'ils sont, et les hypothèses pour des hypothèses.
Les erreurs individuelles dans l'exploration scientifique sont inévitables, mais ne touchent pas à la certitude de la science. La science est idéale et générale, non individuelle, en tant que vérité. Individuellement son titre est la vérification que chaque personne est admise et appelée à faire. Et, en effet, les sciences se vérifient de génération en génération, et c'est la manière dont elles se constituent.
Une division par la nature des données, et qui est en même temps une division par la nature des méthodes, est à l'abri de toute objection sérieuse. Telle est celle des sciences logiques et des sciences physiques, quoique les premières s'appliquent aux secondes et forment des branches mixtes considérables.
Les sciences logiques ont leurs objets dans l'entendement et dans ses formes, abstraction faite des objets particuliers de la sensibilité (non de ses lois générales). Elles ne font pas d'expériences, et elles n'observent rien que d'une manière active : savoir, en supposant et appliquant les principes mêmes dont elles ont à définir la forme et à chercher les rapports et les développements.
Les sciences physiques tiennent au contraire de l'expérience externe leurs objets, leurs faits propres, et jusqu'aux lois qu'elles découvrent en sachant Tinter-