‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 34 sur 194 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

roger. Elles observent dans le sens propre du mot, et doivent prétendre à l'entier désintéressement de l'esprit vis-à-vis des phénomènes.

On peut diviser les sciences logiques en deux branches, selon que leurs objets appartiennent à la catégorie de la qualité pare (d'où la logique proprement dite ou formelle) ou au groupe des catégories posologiques (d'où les mathématiques) ;

Et les sciences physiques en deux branches par une division de la méthode : h' histoire naturelle observe les phénomènes, et les classe en groupes naturels ou artificiels, sans que l'analyse dépasse V histoire (histoire et description des êtres et de leurs fonctions), hdi physique joint à l'observation l'expérience systématique, et, de plus, considère abstractivement certaines classes de fonctions, pour en trouver des lois et construire des théories, indépendamment des êtres qui les exercent.

A cette division des méthodes s'ajoute une division des objets de la science, selon que les êtres qu'elle étudie sont inorganisés ou vivants.

L'hypothèse est un moyen de recherche, en même temps que de coordination provisoire des phénomènes, qui s'emploie, quoique très inégalement, dans les différentes sciences, et leur fournit un précieux supplément de méthode. L'hypothèse et l'induction (logiquement illégitime), qui en est la base ordinaire, sont même en partie inévitables. Elles ne deviennent vicieuses que si elles se mécounaissent en usurpant la qualité de faits ou de lois avérés. Je suppose d'ailleurs que rien d'avéré n'y contredit.

Il n'y a pas de sciences qu'on puisse appeler constituées, en dehors des classes ainsi définies. On peut, pour plus de clarté, les réunir dans le tableau suivant, sans prétendre à beaucoup près ni épuiser, ni même

Page 1