‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 35 sur 194 · XLVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVI INTRODUCTION

définir trop rigoureusement les subdivisions, qui n'ont souvent d'intérêt que pour la division du travail entre les savants.

Une classification scientifique des sciences, ou dont les éléments seraient tirés des théories elles-mêmes et de leurs rapports, supposerait terminée l'ère de l'exploration et de la recherche. Une synthèse générale, une organisation ou hiérarchie des sciences ne serait avant ce moment qu'une fiction et un appel à la foi, en vue de mettre fin à toute critique et de donner des chaînes à l'esprit humain.

La hiérarchie formulée par A. Comte ne peut avoir que cette dernière signification, n'étant fondée ni sur la distinction des méthodes (comme s'il n'en existait qu'une seule), ni partout également sur la division réelle des objets. L'ordre historique de constitution des sciences, qui y est invoqué, n'est pas exact, non plus que la loi en vertu de laquelle elles devraient s'impliquer successivement l'une l'autre en remontant de la dernière jusqu'à la première. La morale, la politique, l'économique et les lois de l'histoire y sont supposées constituées, sous le nom de sociologie, et en outre rattachées aux précédentes, ce qui est une double illusion.

Si on joignait aux deux grandes classes du tableau précédent une classe des sciences morales, on reviendrait à la classification ordinaire des anciens, la meilleure encore, aussi bien que la plus simple de toutes : logique^ physique et morale. Mais dans l'état actuel des choses il est préférable de réunir ces sciences imparfaites et contestées à la philosophie et aux différentes branches de la critique et de l'histoire. Le nom de critique convient à merveille à la classe entière.

Le tableau ci-contre est une esquisse de la division des études philosophiques et morales, tant générales que particulières, considérées à ce point de vue.

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