LES PROBABILITES MORALES XLIX
à l'établissement régulier de la recherche. D'autres fois, la contradiction n'arrête seulement pas les systèmes. Avec de prétendues définitions et de prétendus raisonnements, on assigne l'origine première et la fin dernière, on construit la synthèse universelle des phénomènes ; et devant l'illusion des écoles, érigée en autorité, le critique, pour tenir ferme dans la raison, est obligé de faire de son arbitre un usage plus violent que n'y paraissent condamnés ceux qui la renversent.
Trois grandes questions restent posées dans l'ordre pratique et moral, et dans Tordre théorique aussi, entre certaines limites, pour celui qui rejette les spéculations infinitistes. Ce sont les questions liées de la liberté humaine, de l'immortalité personnelle, et de la divinité i^ comme garantie du bien dans le monde. \H if^
Les thèses de la raison pratique de Kant, faisant suite il la critique de la raison pure, après l'abandon des philosophèmes de l'ancienne métaphysique, devaient porter naturellement sur des affirmations autres que celles qui venaient d'être jugées contradictoires; autres, et cependant propres à donner à la morale un fondement externe et à satisfaire la conscience. Kant a posé ce problème et a voulu le résoudre; mais sa solution est fausse.
Kant a mis la loi morale dans l'abstraction et dans l'absolu, en la déclarant indépendante de tout objet de l'expérience et de toute affection humaine.
Partant de la loi morale pour établir la liberté, que, -en effet, elle suppose, il s'est vu conduit à regarder cette? « ^ liberté aussi comme absolue et entièrement indépendante: des phénomènes. Par là il a rétabli un être en soi, cause intelligible pure, noumène abstrait, destiné à servir de support à la liberté, et qui est une de ces notions vides dont il semblait avoir voulu délivrer l'esprit humain. Et
ESSAIS DE CRITIQUE GÉNÉRALE V. d