‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 38 sur 194 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

ce n'est pas tout, mais la liberté même, attribuée au noumène qui n'est rien, disparaît d'entre les phénomènes et laisse à sa place le déterminisme, la nécessité.

Kant a soumis au même procédé la thèse de l'immortalité personnelle. Pour donner un objet au souverain bien, c'est-à-dire à V accord du bonheur et de la vertu réclamé par la conscience morale, il est sorti du monde sensible et phénoménal; il ne s'est pas demandé si la notion de ce monde était ou non susceptible de généralisation pour répondre à ses vues; mais il a supposé, au lieu de la personne et de ses conditions empiriques, une abstraction, et au lieu de la nature un ordre de choses différent, inconcevable en lui-même, inconcevable encore dans son rapport avec la nature.

Enfin, il a cherché l'harmonie de la nature et de la moralité dans l'hypothèse d'une existence étrangère, selon la raison, à la moralité et à la nature : dans le sein d'un Créateur qu'il a bien qualifié de volonté, d'intelligence et de bonté, mais qu'en même temps il a voulu être absolu, n'être pas anthropomorphe; dans une essence intelligible, tout autre que phénoménale, dénuée par conséquent de tout rapport intelligible avec les phénomènes, avec la pensée elle-même.

Sans sortir des phénomènes, on peut comprendre l'immortalité des personnes et, plus généralement, la perpétuité des êtres vivants individuels, en tant que loi possible de la nature, et appuyer la croyance en une telle loi sur de solides motifs.

La loi de finalité est la forme essentielle de l'organisme et du règne entier des instincts et des passions superposé à l'organisation. Dans l'ordre de la vie, tout changement implique une fin dont les moyens sont donnés. L'expérience en révélant les rapports des organes

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