‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 39 sur 194 · LES PROBABILITES MORALES LI · texte numérisé non relu

LES PROBABILITES MORALES LI

aux fonctions, et de celles-ci entre elles pour converger à la génération et au développement d'un être individuel, l'expérience montre la nature comme un système de moyens et de fins, lesquels prennent enfin connaissance d'eux-mêmes, comme tels, dans la conscience.

La théorie dite des conditions d'existence, quand on en retranche les prétendues explications de la vie tirées d'une causalité physique, ou fortuite ou nécessaire, ne peut que confirmer le grand fait de l'harmonie de finalité ; car tout son esprit consiste alors en cette remarque : que rien ne se produit dont les conditions n'aient été données préalablement. Or, que se produit-il en suite de ces conditions? Il se produit, entre autres phénomènes, des instincts et des mouvements instinctifs, des images prédisposantes, des sentiments de futurition confus, des passions obscures portant sur l'avenir, finalement une conscience réfléchie du bien, tous faits naturels à leur manière, et qui aboutissent à poser dans les conditions données, outre ces conditions, des moyens vivants pour atteindre des fins.

La loi téléologique naturelle a en somme un sens et des applications palpables, et ne doit pas être rendue solidaire de la méthode vicieuse qui procède à la construction de théories physiques à l'aide de l'hypothèse de causes finales particulières.

La loi téléologique naturelle a pour signification, en termes communs, l'existence d'une destinée des êtres vivants. Cette destinée est visiblement conditionnée et limitée, quand il s'agit des individus. Jusqu'à quel point limitée "^ là commence la question , et on peut la poser ainsi :

Y a-t-il une induction légitime à tirer, de la destinée connue et partielle des êtres individuels, à une destinée générale et indéfiniment prolongée de ces êtres, comme tels, dans la nature?

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