LES PROBABILITES MORALES LUI
Il reste à savoir si cette extension de la finalité est possible, c'est-à-dire compatible avec les notions de l'entendement et avec les lois que l'expérience constate.
L'argument usité pour exempter la personne de la décomposition et de la mort, terme de tout organisme, se fonde sur une distinction de nature entre la conscience, une, simple et inaltérable, dit-on, et les organes composés, dissolubles, mortels. De là les anciennes Démonstrations de V immortalité de Vâme.
11 suffit de signaler les systèmes et les débats sur l'unité ou la pluralité de la substance, et sur la signification même de ce mot substance, pour réduire ces démonstrations à leur valeur.
Peut-on par hypothèse, faute de mieux, admettre sous le nom à'âmes, des êtres permanents, intellectuels, et volontaires sans organismes, et qui seraient liés seulement par le fait et passagèrement à des fonctions organiques et physiques.^ On le peut à la rigueur; on peut même supposer d'autres entendements, d'autres catégories, une autre expérience. Mais les seules hypothèses susceptibles d'une probabilité quelconque sont celles qui étendent les lois connues et vérifiées, au lieu d'en poser de radicalement difTérentes.
La supposition des âmes séparées ne suffit pas plus qu'elle n'est nécessaire pour la thèse de l'immortalité. En effet, l'unité et l'indivisibilité qu'on leur attribue dépendent de ce qu'on leur refuse les propriétés extensives qui rendraient leur décomposition possible. Mais nous concevons, au défaut de celles-ci, des propriétés intensives, une*^ composition intensive de la conscience, et une pluralité des fonctions plus ou moins intenses qui la constituent. Donc les âmes séparées pourraient encore être périssables par la division de leurs facultés et par l'affaiblis-