‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 47 sur 194 · LX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LX INTRODUCTION

damment des consciences qu'il enveloppe, et au-dessus de tous les autres genres de fonctions, qui dès lors lui servent de moyens, on peut dire que le Bien en général a une existence cosmique et souveraine, et renferme la garantie et la sanction externe des lois de la personne. Or, affirmer le Bien en ce sens, c'est affirmer V Existence de Dieu, et c'est la définir sous l'espèce la plus claire, la plus pratique, la moins abstraite, à la bien prendre, et cependant la plus universelle dont l'entendement soit capable .

Dans la doctrine des écoles qui voudraient déterminer la notion de divinité par l'usage pur de concepts abstraits, absolus, et par conséquent négatifs quand ils sont ainsi séparés de leurs corrélatifs {Y Un, le Simple, V Infini, V Immuable), Vessence intelligible de Dieu et son règne s'évanouissent, la. personnalité, et même enfin la vie et la pensée qui ne sauraient exister que par des phénomènes sont anéantis. Mais ici c'est du propre fonds de la conscience, et c'est de l'ordre du monde, en ses changements conformes à la loi de conscience, que se tire la thèse divine.

Cette thèse demeure indéfinie d'un côté : Dieu en ce qu'il est pour lui-même et relativement aux catégories (d'espace, de temps et de causalité notamment) est laissé dans l'inconnu et dans l'inconnaissable. Il nous est intelligiblement possible de l'envisager comme le souverain Auteur et siège suprême de ces lois qui régissent toute conscience et toute représentation de l'externe, mais non comme un être existant en dehors de ces lois. La spéculation, voulant se porter au delà de l'entendement, n'a pu formviler pour l'être de Dieu que des attributs contradictoires.

Mais d'un autre côté, relativement à nous, posée

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