‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 48 sur 194 · LES PROBABILITES MORALES LXI · texte numérisé non relu

LES PROBABILITES MORALES LXI

essentiellement dans la loi qui nous intéresse entre toutes, et dont l'extrême généralisation n'énonce jamais qu'un rapport et un ordre et ne peut tomber dans l'absolu, la thèse divine est parfaitement définie et déterminée.

La loi posée ainsi est donc spécifiée par un caractère moral, ou plutôt elle est la loi morale même, envisagée dans le monde, relative au monde, mais telle que sa raison d'être et son siège ne peuvent être compris. Elle est donc profondément distincte de ce qu'entendraient, sous les noms de Loi du monde ou Ensemble des lois du monde, des philosophes qui auraient en vue la synthèse universelle et l'imagineraient construite avec des fonctions d'une nature autre que morale, ordinairement mathématiques et physiques.

Dieu étant principalement envisagé dans l'existence cosmique souveraine d'un ordre de finalité qui règle et assure le sort des personnes conformément à la loi morale, Y athéisme est la négation de cet ordre. Le sentiment commun de l'humanité vient en confirmation de cette acception des mots. C'est pourquoi on a le plus souvent qualifié d'athées les matérialistes, les fatalistes, les panthéistes, quoique les doctrines de ces derniers soient pleines de Dieu; et les théologiens auraient eu le même sort, avec leur dieu tout métaphysique, s'ils ne s'étaient pas contredits.

Au contraire la méthode qui conclut à Y athéisme sous le point de vue de la science, et en tant qu'il serait question d'obtenir la synthèse unique des phénomènes à l'infini dans toutes les catégories, cette méthode nous ramène à Dieu sous un aspect plus limité, le seul qui reçoive pour l'entendement une pleine lumière.

Car ce n'est pas à de chimériques Idées de la raison.

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