LXII INTRODUCTION
c'est aux éléments constitutifs de la personnalité dans l'ordre des phénomènes moraux, qu'il faut demander l'essence de Dieu et la croyance en Dieu. Les notions et ensuite l'affirmation viennent de l'homme, c'est-à-dire de sa passion, de son intelligence et de sa liberté en exercice. Et la vérité n'a pas pour nous d'autre origine, quoi que puissent prétendre les philosophes qui pensent devoir sortir d'eux-mêmes (comme s'ils le pouvaient) pour déclarer ce qui est ; au savoir quelque chose de tant soi peu important, autrement que sous l'inspiration de la conscience.
La thèse de la divinité, posée en cette manière, ne préjuge rien touchant le mode de représentation des fins en général, ou indépendamment des consciences particulières. Il reste donc à savoir si, de même que les éléments du concept sont empruntés à la personnalité en nous, on doit aussi les regarder comme réalisés universellement en une personne suprême.
Cette induction semble d'abord obligée, parce qu'on ne conçoit clairement des fins données, qu'autant que liées aux fonctions passionnelles et rationnelles d'une personne ; ni de l'existence du bien, d'une manière générale, dans l'univers, si ce n'est en le posant représentativement dans une conscience qui se le serait proposé d'avance avec la même généralité.
Mais il est permis de généraliser la loi de finalité, sans contradiction, en restant dans l'ignorance sur ses racines, au lieu qu'il semble, à considérer la marche que suivent ordinairement les théologiens et les philosophes théistes, qu'on ne puisse donner la même extension à une personne unique sans lui donner aussi, pour objet, l'infini, et pour sujet, des attributs illimités incompatibles avec les formes de la conscience et contradictoires dans