‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 51 sur 194 · LES PROBABILITES MORALES LXV · texte numérisé non relu

LES PROBABILITES MORALES LXV

l'unique fondement de la communicalion des êtres, ou de leur existence les uns pour les autres. Au contraire, dans riiypotlièse d'une pluralité de consciences primitives, mutuellement indépendantes, on ne saurait donner la raison de leur similitude de constitution intellectuelle, et de cette communauté des catégories (temps, espace, causalité), de ce mode unique et universel de représentation, qui fait de toutes les consciences dérivées, de toutes les créatures, autant que nous en connaissions ou imaginions, des membres du même monde intelligible. Si nous pesons bien cet argument, la philosopliie critique, nécessairement bornée par sa tlièse du premier commencement, posant la limite extrême de la connaissance, ne s'arrêtera pas avant d'avoir atteint le point le plus élevé de la théorie des postulats de la raison : l'unité de la conscience première. Le premier commencement deviendra l'acte de la création. L'impénétrable est alors Dieu cause de soi comme quelques théologiens et philosophes l'ont nommé, c'est-à-dire Dieu antérieur à son œuvre et à lui-même \

1. En corrigeant cette troisième édition du résumé de mes Essaisj j'ai tenu à conserver fidèlement la trace de la marche de mes idées. Dans cette intention, je me suis contenté de mettre sous une forme dubitative la conclusion qui, dans les deux premières éditions se présentait seule et sans réserve ; et j'ai ajoute à celle-ci une conclusion définitive plus avancée dans le sens des postulats. On en trouvera les raisons développées dans mon Esquisse d'une classification systématique des doctrines philosophiques, t. II, pp. 198 sq., 348 sq., 395 jusqu'à la fin.

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