‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 60 sur 194 · LA FONCTION DE L ATOME · texte numérisé non relu

LA FONCTION DE L ATOME

représenter la matière. Les deux erreurs anciennes et antagonistes l'une de l'autre, celle du tout continu et celle des solides insécables se soutiennent encore dans beaucoup d'esprits. La dernière surtout est une manière d'imagination telle quelle, qui sert à fixer les idées, exactes d'ailleurs, des physiciens et des chimistes. Mais les savants n'ont pu approfondir, généraliser le problème, tenter de le poser mathématiquement, sans arriver à des vues bien différentes. Ampère distingue trois sortes de diviseurs successifs de la matière : i'' les particules, mécaniquement divisibles, et dont l'état physique ne diffère pas de celui des corps qu'elles forment, scindées ou agglomérées en nombre indéterminé; 2° les molécules, qui sont les vrais composants des particules, et qui, à distances variables entre elles, affectent divers états d'équilibre auxquels correspondent les états physiques des corps : solide, liquide, gazeux; celles-ci, quoique plus ou moins composées elles-mêmes, ne souffrent pourtant pas de division de la part des forces extérieures et mécaniques ; 3° les atomes. Ces derniers forment les molécules en se groupant, toujours à distance, et se disposant, par des forces propres, en différentes figures polyédriques dont ils occupent les sommets. Cette terminologie très nette a été utile à la science, et je m'y conformerai dans la suite. Les hypothèses qui s'y rattachent sont en partie nécessaires à l'intelligence des phénomènes chimiques les plus communs, et en cela confirmées. Mais ici je ne dois m'arrêter qu'à la manière de représenter la nature des derniers éléments. Il n'est pas douteux qu'Ampère ne les ait regardés comme inétendus. On le sait d'ailleurs, mais cela résulterait assez de l'indivisibilité qu'il leur attribue, et qu'il définit en ce sens que la division poussée jusqu'à un certain point, doit toujours tomber dans leurs interstices. Une telle propriété serait incompatible avec l'étendue de l'atome, quelque réduite qu'on la supposât ^

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