‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 61 sur 194 · Ampère, Bibliothèque de Genève, 1832 ; Annales de Chimie · texte numérisé non relu

Ampère, Bibliothèque de Genève, 1832 ; Annales de Chimie

Gauchy est aussi ferme et plus explicatif, et ne craint pas de s'engager au besoin dans la philosophie \: Ce grand géomètre donne de l'impossibilité d'existence de l'infini numérique en acte, et cela dans l'ordre de la succession des êtres ou des faits, comme dans celui de l'extension, des démonstrations de la dernière rigueur. Il conclut de là, conformément aux vues d'Ampère, que les corps, que les molécules intégrantes des corps, sont des espèces de constellations formées de centres d'action en présence les uns des autres ; insistant surtout sur ce que, en vertu du principe, l'étendue de l'atome doit être positivement nulle, et non pas seulement par manière de dire, ou en comparaison des distances atomiques. Il est moins clair et aussi moins profond touchant la nature de l'espace, qu'il nomme un attribut; il ne s'explique pas sur les difficultés philosophiques de la divisibilité indéfinie de cet attribut, quand on l'estime réalisé par l'existence en soi des atomes et de leurs intervalles. Mais le haut intérêt de sa théorie se retrouve dans les applications qu'il en fait à l'établissement d'une géométrie et d'une mécanique concrètes, oii les atomes déterminent les points, où leurs nombres et actions déterminent les figures, les masses, les mouvements, où on s'élève enfin jusqu'à la recherche mathématique d'un système de points qui pourrait être regardé Comme en repos dans l'univers fini, et servir à rapporter tous les déplacements qui s'y opèrent.

Poisson (et Gauchy de son côté) arrivent par un autre chemin à des formules favorables aux mêmes

1835 : dans ce dernier travail, les atomes sont appelés en conséquence des points d'où émanent des forces.

1. Au moins dans son œuvre inédite : Cours de physique mathématique professé^ à Turin, en 1833. J'ai dû la communication du manuscrit à l'obligeance de M. Moigno et de M. Lemercier, bibliothécaire au Muséum. La philosophie des sciences aurait un intérêt majeur à la publication de ces belles leçons où la profession d'obéissance catholique na nui à la profondeur que dans quelques parties, la liberté d'esprit du professeur ne pouvant plus y être tout entière. (Note de la l''' édition.)

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