IMPOSSIBILITÉ DE LA MATIERE CONTINUE
Observations et développements.
A. Impossibilité de la matière continue.
Saint-Venant a résumé dans les termes suivants ^ Tétat de la question physico-mathématique de la composition de la matière. Rien n'a pu le changer depuis.
« On admet généralement depuis Newton que les particules des corps exercent les unes sur les autres des actions dont les intensités sont fonctions de leurs distances mutuelles, et qui, répulsives pour les plus petites distances, changent de signe et sont attractives pour les plus grandes, mais décroissent rapidement et deviennent relativement insensibles à des distances perceptibles. Les pressions — Fauteur parle ici de celles qui s'exercent à l'intérieur des corps — sont des sommes de pareilles forces estimées dans une même direction. Or, M. Poisson et M. Gauchy (qui arrivaient dans le même temps à des résultats semblables) ont démontré que si ces sommes étaient composées d'une infinité de termes dont les grandeurs se suivent sans discontinuité : 1° les pressions à l'intérieur des corps n'auraient aucune composante parallèle aux faces où elles s'exercent : elles seraient constamment normales à ces faces; 2° ces pressions ne varieraient que comme le carré de la densité lorsque l'on ferait éprouver un dérangement quelconque aux parties d'un corps.
)) Il suit de là qu'un corps composé de matière continue se comporterait comme un fluide et qu'il serait plus analogue aux gaz qu'aux liquides pour la compressibilité. Ce serait même un fluide sans frottement intérieur, n'opposant aucune résistance, si petite qu'elle soit, au glissement de ses parties les unes devant les autres, ou un fluide comme la nature n'en offre pas. »
Ampère a étendu cette démonstration à l'éther dont on admet l'existence dans les espaces célestes. Si l'éther était un corps continu, un fluide tel qu'on vient de le spécifier, il ne pourrait avoir d'ondes transversales, ni par conséquent servir à la transmission de la lumière.
Saint-Venant applique le même ordre de raisonnement à la composition interne des atomes que beaucoup de physiciens, ainsi qu'autrefois Démocrite et Epicure, regardent comme de petits amas de matière compacte et continue, séparés par des espaces vides. Ils leur supposent des actions mutuelles attractives et répulsives. Mais pourquoi les points matériels que