PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES
au contraire, quels sont les phénomènes observables qui se lient constamment et étroitement à la production et à la propagation d'un état électrique dans les corps, nous reconnaissons immédiatement que les actions moléculaires occupent la place essentielle dans cette partie de la physique aussi bien que dans les autres. Le mouvement produit ce qu'on nomme l'électricité : le mouvement, c'est-à-dire toutes les pressions, tous les frottements, la division des corps, le clivage des cristaux. Il ne paraît pas exister une seule action mécanique qu'elle n'accompagne. Si d'autres actions physiques ou chimiques la produisent, ces actions supposent aussi des mouvements. Réciproquement l'électricité engendre le mouvement : ainsi les attractions et répulsions de corps électrisés, et les changements observés dans l'état moléculaire des corps qui participent à l'état électrique ou qui le transmettent. Et il y a lieu de croire, comme pour la chaleur, que tout mouvement constaté dans des masses par l'effet d'une action électrique correspond à une diminution de l'électricité ou état électrique lui-même : loi qui s'explique par le principe de la conservation des forces vives, en supposant que cette action et cet état ne consistent qu'en des mouvements; car dans ce cas la force ne peut se produire extérieurement sans diminuer entre les molécules. Enfin lorsque l'état moléculaire d'un corps est un élément essentiel de ses propriétés électriques, ce dont on ne saurait douter, et lorsque les molécules se trouvent, par le jeu de ces propriétés, investies de forces attractives ou répulsives, il est certainement plus simple et rationnel d'attribuer aux attractions et répulsions les effets dits électriques, que de chercher dans une espèce de matière inconnue la cause ou le siège de ces mêmes forces.
Le caractère fondamental des actions électriques paraît être une orientation commune des molécules des corps où elles se produisent. Dans cet état la matière se polarise, c'est-à-dire que les attractions et répulsions
s'y exercent et s'y étendent en un sens déterminé, suivant lequel se placent probablement les axes de figure des molécules affectées. La polarité régit, selon toute apparence, des classes importantes de phénomènes en intervenant dans les lois de la lumière et de la chaleur. Ici elle est le fait capital et caractéristique. On sait qu'elle appartient au magnétisme comme à l'électricité, et suivant une relation très simple : les courants électriques et les aimants ont une action réciproque qui tend à placer les corps de telle manière que les lignes joignant leurs pôles soient respectivement perpendiculaires. Or cette relation, que l'expérience a fait connaître, s'explique par la répulsion mutuelle des éléments, qui acquièrent dans l'aimant et dans le courant des propriétés polaires. D'une autre part, les courants électriques s'influencent, et tendent à donner aux éléments qu'ils parcourent des directions parallèles entre elles, de sorte qu'on a pu considérer un aimant comme un courant hélicoïdal, obtenir sur ce fondement des aimants électriques, et arriver à reconnaître l'identité des forces électriques et magnétiques. La seule différence qui subsiste entre les états des corps à fonctions magnétiques et des corps que traversent des courants est celle qui peut appartenir aux effets de mêmes forces, tantôt statiques, tantôt dynamiques.
Observations et développements.
A. La matière, le mouvement et la force.
Celles des propriétés des corps qu'il est d'usage d'appeler physiques afin de les distinguer de celles auxquelles conviendrait la même dénomination générale, mais qui composent plus spécialement le domaine approprié aux chimistes et aux biologistes, étant définitivement pour la science, des propriétés mécaniques, il suffit de rappeler nos premiers principes sur rétendue et le mouvement pour qu'il soit à peine besoin de remarquer que la matière dont il est question dans le chapitre précédent n'est point quelque chose qui existe pour soi, mais