L ANALYSE DES FONCTIONS HUMAINES XIII
cations tirés de la sensation visuelle; et le symbole est juste, autant qu'il peut l'être en exprimant le fait général et actif de la représentation par des faits particuliers de l'ordre de l'expérience.
Les fonctions relatives aux trois dernières catégories subordonnent au contraire le représenté au représentatif dans la représentation. Ce sont la Passion et la Volonté, qui, jointes à V Intelligence, accomplissent la fonction totale de l'homme dans la Personnalité, centre de toutes les catégories sous le point de vue représentatif, comme la Relation en général est ce même centre sous le point de vue représenté.
Cette division ternaire, mais à laquelle il faut encore ajouter et la Sensibilité et les autres fonctions dont la Sensibilité implique la donnée préalable, est la seule propre à réunir tous les éléments empiriques de la conscience, sans les confondre, c'est-à-dire sans en nier aucun, et en ne sortant pas de l'observation.
On remarque en effet chez l'homme un élément représentatif proprement dit, à l'égard duquel il n'y a point de distinction entre bien ou mal, beau ou laid, même entre vrai ou faux ; un élément affectif qui permet de classer les phénomènes sous tels ou tels de ces derniers rapports, et un élément déterminatif des actes et des jugements, dont l'analyse et les simples apparences nous imposent de tenir compte alors même que nous devrions ensuite en subordonner l'exercice à une loi nécessaire. C'est la volonté.
Ces grandes fonctions sont indissolubles chez l'homme,
autres. A l'égard de la Sensibilité, elle rentrerait dans V Intelligence si on considérait que le caractère éminent de ses objets, celui d'être représentés, et de l'être sous les indispensables lois, formes et conditions des catégories. Mais elle s'en distingue profondément par un autre caractère : la passivité de la conscience devant les pures données de l'expérience.
Xn INTRODUCTION
non qu'un phénomène humain quelconque les implique toujours toutes et au même degré, mais en ce sens que l'homme normal est leur synthèse, et que, prises dans un certain ordre, chacune d'elles suppose données toutes les précédentes.
7. Finalité : Passion, Instinct, Habitude. — La Passion est la fonction donnée dans la synthèse d'un État et d'une Tendance de la conscience (la tendance étant simultanément relative à un état initial et à un état final, et j)ar suite séparément négative de chacun d'eux).
dette fonction est liée à des impressions ou sentiments internes divers, indéfinissables par eux-mêmes, quoiqu'on puisse en fixer les rapports, ainsi qu'on le fait pour les sensations, et par. suite les distinguer et les nommer.
Quand la conscience envisage une fin, quand elle la compare à un état d'où cette fin serait affirmée ou niéç, :;cette fin peut être encore à atteindre; elle peut être possédée présentement, et elle peut être atteinte dans le moment même. De là trois genres de passions : passions développantes, passions possédantes, passions acquérantes.
La passion développante réunit, par une tendance positive ou négative, deux états qui, en cela même, et la réflexion tantôt intervenant, tantôt n'intervenant pas, se classent respectivement avec leurs objets sous les titres de Bien et de Mal, de Beau et de Laid (ou même de Vrai et de Faux), suivant l'espèce et les degrés de l'intérêt que la conscience attache aux fins favorables ou contraires qui sont ou qu'elle fait siennes.
Le Désir et V Aversion sont la double forme générale de cette passion. U amour et la haine, V espérance et la crainte, beaucoup de passions que le langage tantôt
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confond, tantôt distingue, appartiennent à ce genre, et s'y classeraient systématiquement en tenant compte de la nature de chaque fin, de la probabilité supposée de sa réalisation, et enfin de la part plus ou moins grande que la réflexion prend à la poser.
La passion possédante est essentiellement Joie ou Tristesse, et s'applique aux fins favorables ou contraires, pendant qu'elles sont possédées, et en tant que l'imagination les présente aussi comme pouvant ou ayant pu ne pas l'être. Ce genre se divise, comme le précédent, en substituant seulement la possession à l'attente. \J amitié et V inimitié, V admiration, le mépris, etc.. en font partie.
La passion acquérante est un Transport joint à Vémotion, et qu'expriment des noms tels que ravissement, enthousiasme, attendrissement, et d'autres moins généraux, devant les fins favorables ou contraires, au moment où elles sont acquises. Uétonneinent et les sentiments du sublime et du ridicule se rangent dans cette classe. Les passions comme la peur, la colère, etc., se définiraient en y entrant, suivant la méthode indiquée pour classer les passions développantes.
Le principe du développement de l'être est fondamental dans la passion, et prime, en théorie comme en fait, le principe de la conservation de soi, que plusieurs philosophes ont préféré.
Les passions se combinent diversement chez les hommes, indépendamment de l'intervention de la raison : la nature en pose, en manière d'instincts, des puissances variables; les circonstances, la volonté, l'habitude les modifient. De ces combinaisons procèdent les goûts et les penchants complexes et les caractères.
Lorsque la passion donnée dans l'animal ou dans l'homme déterrriine les moyens de sa fin, sans que