OBJECTIONS DE STALLO CONTRE LA PHYSIQUE MECANIQUE
existantes hors de relation et qui appartiennent primordialement à l'atome.
La critique de Stallo est donc fondée sur le principe de relativité; il demande que la chose en soi, la substance, les absolus soient bannis de Tesprit du physicien et du chimiste, et que l'illusion de la méthode réaliste soit enfin dissipée, tant de celle qui envisage, en un sujet d'inhérence universel, tous les modes particuliers d'existence et toutes les propriétés, que de celle qui prétend les obtenir par l'évolution temporelle de quelque sujet abstrait, indéterminé, en qui rien de tout cela n'existait à l'origine.
Je suis loin de contester les principes généraux de cette critique; ils sont aussi les miens, et j'en ai reproduit avec satisfaction les formules en leur application à l'objet de la physico-chimie. Mais je réclame une importante distinction, que l'auteur a omis de faire, entre le réalisme dogmatique et le réalisme de langage, entre celui qui pose sciemment des abstractions, telles que le point siège de force, et la force même, comme dénomination affectée à une quantité définie d'accélération en puissance, et celui qui pense vraiment désigner ainsi des entités. Il n'y a pas jusqu'à l'atome de l'atomistique ancienne qui ne fût susceptible d'un emploi correct, s'il se trouvait que le corpuscule solide, impénétrable, et le choc des corps parfaitement durs, fournissent le point de vue le plus avantageux pour la construction d'une théorie des phénomènes du mouvement. La monade leibnizienne, que Stallo attaque, n'est pas autant qu'il croit un absolu, puisqu'elle n'a point d'existence corporelle, et que, idéalement, elle est une fonction de phénomènes de perception et d'appétition. Enfin l'étendue , la durée et le mouvement ne s'imposent pas moins, en leurs notions, à ceux qui les tiennent pour des lois de la représentation qu'à ceux qui prennent l'espace et le temps pour des attributs de substances, et la vitesse pour quelque chose qui est réellement dans le mobile.
Ces remarques étaient nécessaires ici, parce qu'en traitant des hypothèses de la physique mécanique et, en général, de la réduction de la physique au mécanisme, j'ai pu paraître m'exposer à des objections semblables à celles que Stallo développe si bien contre des erreurs de jugement qui ne sont en effet que trop répandues parmi les savants. Mais je crois m'étre assez expliqué sur là manière dont il convient de comprendre ces hypothèses.