DÉFINITIONS DE LA VIE DE CUVIER ET DE BICHAT
quoi la construction de réseaux, de fibres et de cellules rencontrerait, dans Tordre physico-chimique de« phénomènes, une impossibilité qui ne se trouve pas pour la formation de cristaux réguliers à angles déterminés, dont la structure interne se prête avec des modifications particulières au passage des ondes de l'éther. Mais le fait est qu'on n'a pas fait le premier pas pour donner une idée de la vie, tant qu'on n'a pas mentionné le fait caractéristique, l'évolution vitale que Kant définit comme une fin de la nature* : un être organisé, qui s'organise spontanément, dont chaque partie existe pour les autres et pour le tout, et n'existe aussi que par toutes les autres, et devient, pour elles un organe. Il est positif que tout être vivant nous présente une telle combinaison de moyens et de fins, et un terme initial et un terme final, entre lesquels il a naturellement son histoire', il est également positif que nulle existence physico-chimique, en tant que telle, n'a de semblables propriétés, en sorte qu'on a le droit de s'étonner que le philosophe ou le physicien cherchent d'autres définitions de la vie ; surtout qu'ils tombent dans le vice logique d'en prendre les éléments dans des conditions, nécessaires, il est vrai, mais enfin qui ne sont que des conditions, et auxquelles manque le proprium de l'objet à définir.
A ce point de vue, ce n'est plus comme synthèse chimique, c'est comme synthèse biologique qu'on a à envisager la vie ; et cette dernière synthèse, si, d'un côté, elle est matière d'observation et d'expérience, de l'autre, elle est inséparable de la considération philosophique de cette solidarité et de cette harmonie des parties essentielles de l'organisme dont le principe ne se trouve que dans la loi générale de finalité naturelle. Quant à l'expérience biologique, elle n'a plus pour sujet les réactions chimiques, qu'autant que celles-ci intéressent la composition ou le fonctionnement des organes, et elle devient nécessairement expérience sur le vivant, quand c'est sur les lois de la vie que porte l'investigation et que doivent porter les conclusions.
B. Les définitions de la vie de Guvier et de Bichat.
C'est le plus naturellement du monde qu'on a cru que des corps, non pas vivants, mais qu'on ne trouvait que chez les vivants, ou en opérant sur ceux qui viennent d'eux, ne pouvaient provenir que d'eux aussi, par leur œuvre ou par leur moyen,
l'organisation, de la vie et de l'espèce [Le règne animal distribué^ etc., Introduction),