‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 100 sur 278 · S XI · texte numérisé non relu

S XI

Des rapports des fonetlons paMlonnelles et irolontalres avec les déterminations des fonctions orf^anlqnes et physiques*

Les auteurs qui ont traité des rapports du physique et du moral de V homme, termes consacrés, se sont partagés entre deux erreurs capitales. Dans l'une et l'autre des fausses méthodes, les rapports qu'il s'agit de décrire disparaissent, ici par l'identité, là par la diversité des substances supposées, et deviennent insaisissables. Ceux qui admettent un corps substance, une âme substance, choses séparées et en soi, puis des causes transitives de Tâme au corps et du corps à Tâme, n'expliquent pas, ne se représentent en aucune manière l'existence d'une communication et d'un lien quelconque entre les changements respectifs. Et ceux qui déroulent les causes et les effets dans une substance unique, dont l^s modes

ORDRE DK CONDITIONNEMENT DES PHËNOMËNBS. 249

supérieurs seraient dûs au jeu des modes luférieurs, n'arriveut pas à faire comprendre que les phénomènes dits matériels produùent les phénomènes dits intellectuels et moraux, ou plutôt n'en diffèrent pas essentiellement et se réduisent aux mêmes lois. Des deux côtés, les problèmes insolubles naissent d'un seul et même préjugé : la nécessité de cette substance, une ou multiple, que nul n'entend et que chacun veut définir. Mais je ne reviendrai pas sur une critique plusieurs fois épuisée. Constater des rapports clairs et positifs, c'est, quant à l'espèce, à la nature des phénomènes, établir les genres et les différences par une simple analyse ; c'est, quant à la causalité, reconnaître quelles fonctions sont des conditions générales de développement des fonctions d'un piutre ordre, ensuite observer entre quels actes divers existe une loi de consécution constante, en un sens ou dans l'autre ; et toute la science générale est là, sur ce point, chaque science particulière apportant d'ailleurs pour l'analyse commune ses procédés propres. Quand l'ordre de succession de deux actes est clairement aperçu et défini, comme d'une fonction organique à une fonction passionnelle, ou réciproquement, on peut donner sans difficulté le nom de cause aux actes antécédents d'une espèce et le nom d'effet aux actes conséquents d'une autre espèce ; c'est-à-dire qu'une force est interposée entre ces actes et les unit ; mais cette force n'est point quelque vertu qui passe d'un sujet à un autre pour l'informer, hypothèse inintelligible ; ce n'est pas davantage révolution immanente d'un sujet unique et de ses actes propres, sans que rien de nouveau, d'ori-

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