‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 102 sur 278 · MOUVEMENTS INSTINCTIFS · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS INSTINCTIFS

d'eux-mêmes, quelquefois plus nette, et à représentation daire ou voilée de leurs fins;

Les mouvements consécutifs des passions, mais qui ne produisent sans avoir été envisagés d'avance, et sou vent même sans être représentés au moment même où ils ont lieu ;

Les mouvements consécutifs de Timagination. et auxquels sont dûs les mêmes effets que pourrait amener la présence actuelle de Tobjet imaginé ;

Les mouvements consécutifs de la représentation de ces mêmes mouvements comme possibles ;

Les mouvements consécutifs de la volonté.

Après ce que j'ai dit ailleurs de Tinstinct, j'ai peu de lignes à ajouter sur les mouvements instinctifs. Les uns s'ensuivent spontanément de la représentation confuse d'une fin, sous des impressions données, et se développent en s'ignorant presque : telle est la succion du nouveau-né, tels et plus simples les mouvements du fœtus dans le sein de la mère. Les œuvres des animaux inférieurs appartiennent sans doute à cette classe. D'autres s'accompagnent d'une conscience plus distincte, comme les actes par lesquels des êtres plus élevés , et l'homme adulte lui-même , pourvoient à leurs besoins matériels sans qu'une volonté formelle intervienne. Dans tous ces phénomènes, la fin véritable de l'acte est peu .ou point connue de l'agent, et, par exemple, il est certain que l'appétit pour les aliments ne dépend nullement de l'expérience, ou d'une notion quelconque de l'alimentation et de son objet. Ajoutons que souvent le

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but n*est atteint qu'à travers une suite d'intermédiaires, comme dans les faits de construction et de chasse. D'au* très mouyements encore ont des fins nettement retra* cées , et ne laissent pas d^étre instinctifs ; ainsi pour marcher, pour voler , pour fuir, fermer les pau pières , eto. ; mais alors le mouvement se produit immédiatement et spontanément, tel qu'il doit être pour le but, et sans préméditation , avant même que la conscience en soit donnée dans l'animal ou dans l'homme. Enfin il est des cas où la fin est clairement aperçue, où le mouvement est conscient et même volontaire dans son ensemble, comme quand nous proportionnons un efifbrt musculaire à l'effet que nous voulons produire , en sautant, en soulevant des fardeaux, en chantant, etc ; mais je dirai encore alors que l'instinct y a la part principale, parce que la mesure de l'effort et la combinaison des moyens convenables ne sont ni calculés ni enseignés par l'expérience ( exemple, les mouvements proportion- ^ nés et coordonnés des jeunes animaux de certaines fismilles), ou que s'il y a eu expérience, éducation préa* lable, c'est toujours un sentiment confus, dont on ne se rend pas compte, qui avertit l'agent des moyens à mettre en œuvre en chaque cas, et du degré où ils doivent être portés.

On a beaucoup exagéré Id part de l'expérience dans ces sortes de phénomènes , et Ton n'a pas songé que Ton rompait le lien naturel des animaux entre eux et avec l'homme, si, pour des cas tout semblables, on attribuait à l'instinct des uns ce qu'on veut tirer exclusivement de l'éducation chez les autres. On aurait dû

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voir surtout que reipérience n'explique rien ici quand elle n'est pas ellermôme expliquée. Or comment nous fait-elle acquérir le sentiment de la nature et de la force de chaque impulsion à donner? Uniquement par rha-* bitude ; elle ne pose donc pas ce sentiment dans le prineipe» elle en rend seulement les applications plus justes, plus rapides et plus sûres. Enfin l'habitude est un instinct acquis, ou en voie de formation. Quand l'habitude associe à certaines idées certains mouTements « ceux-ci entrent dans le domaine des instincts ; ils y étaient déjà d'une manière générale, par la possibilité de cette association qui n'a fait que se dégager et se préciser. Et quand nous apprenons par l'exercice à lier des mouve* ments a?ec des mouvements, et à en écarter d'autres qui accompagnaient naturellement les premiers, ce qui a Heu dans tous les arts manuels, nous nous créons des instincts. La volonté ne combat efficacement l'instinct * qu*en lui substituant peu à peu cet autre lui-même qui est l'habitude. L'expérience qu'elle fait acquérir n'est ainsi dans le fond qu'une application du principe des mouyements instinctifs.

Les physiologistes étendent quelquefois le titre de mouyements volontaires jusqu'aux actes qu'ils rapportent eux-mômes à l'instinct ; et c'est au point de faire intervenir, dans la discussion des théories delà volonté, les mouvements du fœtus, qui ne peuvent être dus qu'à l'instinct le plus vagiie de la locomotion. L'erreur pro^ vient de la confusion de la spontanéité et de la volonté. Nous distinguons, quant à nous, ce qu'on ne peut se refuser à distinguer, et nous usons du droit de définir

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les mots, en n'admettaat de volonté que là où il y a détermination réfléchie et conscience , en agissant , de pouvoir ne pas agir, cette conscience fùt-elle purement illusoire. L'opposition de la volonté et de Vinstinct est d'ailleurs manifeste, car un mouvement qui devient réfléchi, d'instinctif qu'il était, change ou peut change par là même : ceci est souvent un fait; et, si nous comparons des actes différents , il est ordinaire quo ce qu'on appelle instinct et ce qu'on appelle volonté se ' présentent à l'état de lutte, exclusifs l'un de l'autre.

J'ai déjà discuté l'origine des mouvements qui suivent spontanément les passions. Us dépendent des lois qui lient l'organisme au développement statique ou dynamique des fonctions passionnelles, comme supérieures et dominantes. Hais ces lois ne nous sont révélées que par le fait ; aussi se développent-elles sans nous, sans notre personne ; leurs effets ne rentrent pas dans les fins que nous nous proposons, et seraient ignorés de nous si l'expérience ne nous en instruisait à mesure qu'ils se produisent. La portée de ces mouvements est grande, d'ailleurs : ils intéressent presque tous les muscles du corps, la face, les poumons, les yeux, la voix, les membres ; ils se lient aux sécrétions diverses ; à l'état pour ainsi dire aigu, ils peuvent amener les troubles les plus graves, et, à l'état chronique, ils semblent agir aux sources de la vie, tandis que les passions moins actives, bonnes ou mauvaises, ont encore cette puissance visible de graver et de modeler le visage en se répétant. Il est à remarquer ici que le corps humain est beaucoup plus

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impressionnable aux passions que ceux des animaux. Le très grand nombre de ces derniers nous présente une face impassible ; et très peu, parmi les plus élevés, ont une physionomie mobile. Les signes physiques de leurs états passionnels vont s'abaissant et s'amoindris* sont, quand on descend Téchelle animale.

La volonté est impuissante à retenir ces effets de la passion, ou si elle y parvient c'est en retenant la passion môme , ou en la détournant , ou en la déprimant à la longue. Par exemple, on ne saurait s'abandonner à la colère ou à la douleur, au moment même où Ton s'efforcerait d'en éviter les suites, et celui qui prendrait l'habitude de ne point pleurer, de ne point rougir, prendrait en même temps celle de n'être plus possédé exclusivement ou au même degré par les affections correspondantes.

Les signes des passions ne se laissent pas plus simuler ({ue dissimuler d'une manière directe, et en conséquence d'une volonté immédiate. Les muscles volontairement mobiles imitent maladroitement leurs propres mouvements spontanés. D'autres fonctions résistent tout à fait à la volonté. Il faut donc ressentir la passion même, ou la feindre réellement, la feindre c'est-à-dire se donner une passion équivalente et dont les effets soient identiques. C'est à quoi certains hommes parviennent , les uns qui sont des comédiens de profession, d'autres qui se trompent les premiers et ne discernent pas bien entre l'affection qu'ils éprouvent et celle qu'ils voudraient faire croire. Ici est le principe de bien des scènes du monde, dans l'ordre de l'ambition ou dans celui de

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ramitié et de Tamour. V acteur esUl de bonne foi? non ; est-il menteur? pas davantage, si ce n*est qu'on dise qu'il ment d'autant mieux qu'il se ment à lui-même.

Au reste le rire et les larmes se produisent quelquefois par le seul effet de l'imagination vive d'une sensa* tion ou d'une passion quelconque, dont ils seraient les suites ; et il en est de même de beaucoup d'autres phénomènes. Passons à l'examen de cette loi d'une impor* tance capitale.

On appelle souvent , . dans le monde , imagination ( avoir de Nmagination ] , une disposition marquée à recevoir des objets simplement imaginés les mêmes impressions que s'ils étaient présents. Les faits élémentaires de cet ordre sont journaliers et continuels « et chacun les reconnaît comme essentiels dans la marche et les accidents de certains caractères. La nature de ces faits de conscience n'est pas changée, mais il s'y joint seulement des modifications organiques plus sensibles, dans les cas encore très connus, mais trop peu observés et comptés, où les impressions s'étendent au corps. Chacun sait que la pure imagination de certains phénomènes qui produisent des malaises nerveux peut aaiener ces malaises : par exemple, le souvenir d'un genre de vibrations sonores. Un conte tragique fera frissonner l'auditeur qui n'est point dupe ; et c'est une grande source de l'intérêt dramatique. La pensée d'un aliment répugnant, celle du roulis, donneront des nausées. La peur avec tous ses effets physiques résultera de l'imagination excitée dans l'obscurité. La fièvre se déclarera

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dans les tourments de l'attente, et de faux indices de mauvaises nouvelles rendront un évanouissement imminent. Quelque rares que soient de pareils faits au degré le plus marqué, fls sont certains cependant, et leur portée dans la science ne dépend pas de leur nombre.

Ils deviennent encore plus graves et d'un plus haut intérêt lorsqu'à Timagination s'ajoute une fausse croyance en la réalité de son objet. Une substance indifférente purge quelquefois le corps prévenu , et on a vu la crainte d'une asphyxie parla présence de gaz irrespirables • qui n'existaient pas , produire une syncope réelle. Enfin il n'est guère de médecins qui n'admettent l'effet salutaire de la confiance du malade en sa guérison ou dans l'efficacité des remèdes. Cette confiance, selon le caractère et le tempérament, et dans les limites du possible , peut aller du simple effet favorable des passions douces jusqu'à l'action la plus décisive sur l'organisme.

Le rôle de la passion est manifeste dans ces phénomènes : c'est elle qui doit tout d'abord jeter un trouble sur les organes ; mais un fait fondamental n'en est pas moins celui-ci , que l'imagination et la croyance peuvent quelquefois suppléer les sensations, les impressions physiques, et conduire aux mêmes conséquences. Si nous admettons le fait, et il faut bien l'admettre, nous expliquerons sans peine une partie considérable des accidents dont se prévalent les initiés au magnée twne animal. Il n'est pus impossible qu'un extatique é(vouve effectivement ce qu'il pense devoir éprouver, ou qu'on lui persdade avec autorité : de là une certaine

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communication des symptômes des maladies , d'un patient réel à un patient imaginatif ; de là aussi les effets de l'eau magnétisée* etc. Il n'est pas impossible qu'après avoir annoncé imaginairement telle crise de sa maladie, en tel temps, en telles circonstances, l'extatique malade qui a conservé l'impression, sinon la mémoire nette, de ce qui d'après lui doit se produire, tombe effectivement dans l'état qu'il a prédit ; de sorte que la prévision ne serait ici que le fait d'une croyance justifiée postérieurement par une action de l'imagination sur les organes, ainsi que le pensait AL Bertrand. Ce genre d'explications est enfin le seul admissible pour tout ce que nous lisons de merveilleux dans l'iiistoire authentique des convulsionnaires de saint Médard, et que nous offrent encore aujourd'hui les scènes atroces jouées par les derviches musulmans. Sous l'empire d'une imagination exaltée jusqu'à la frénésie, le corps devient capable d'une résistance étonnante à des causes de destruction même mécaniques, les douleurs se tournent en plaisirs , en comolations, et l'insensibilité est finalement une propriété de l'extase accomplie, de même que l'anesthésie résulte de l'emploi de certains agents physiques. Il n'est plus permis de douter que les martyrs de la foi dans toutes les religions n'aient souvent traversé l'épreuve des supplices dans cet état où les sensations se modifient jusqu'à ne laisser place qu'à celles que l'imagination impose à l'organisme.

Tout cet ordre de faits laisserait par sa nature va^ grande part d'influence à la volonté, mais alors elle ne s'exerce pas. Les personnes chez lesquelles on observe

MOUVEMENTS C0NS&CUT1FS DB t'iMAGlNATlON. SGO

éminemment de tels phénomènes se distinguent par le développement des fonctions spontanées, imaginatives. créatrices, que ne modère point l'énergie des fonctions réflexives. L'intervention de la volonté modifierait les résultats ou les rendrait impossibles en opposant le doute à la croyance , et en jetant l'incertitude sur des impressions dont la cause externe serait mise en question.

« Pendant que nous veillons, dit Âristote, il nous semble quelquefois voir, entendre, sentir. » Tantôt des hallucinations plus ou moins rapides nous frappent aux limites du sommeil , ou en pleine veille ; tantôt, mais le cas est rare , il suffit de fermer les yeux pour évoquer des figures et les faire varier par une impulsion à demi volontaire. Cette sorte de puissance imagina tive se rencontrera chez un homme au génie bizarre, comme Cardan , ou parfaitement sain d'esprit comme le poète Goethe et le physiologiste J. Nuller. Il est difficile de ne pas voir un phénomène analogue dans la singulière aptitude de ce joueur d'échecs qui joue et gagne les yeux fermés , loin de l'échiquier. Seulement la mémoire et la volonté s'exercent pleinement dans ce dernier cas. Les images d'objets absents acquièrent donc l'intensité et la netteté qu'elles auraient dans la sensation , c'est-à-dire qu'elles jouent la sensation même, et, comme on doit penser que l'organisme y est dès-lors intéressé, c'est qu'il se trouve déterminé, entraîné à ses mouvements propres qui d'autres fois, et communément, précèdent la représentation au lieu de la suivre. Ainsi les hallucinations, les visions, les faits

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de seconde vue , impliquent Taction de l'imagination sur les organes. Je laisse de côté les jugements et les croyances, seuls principes d'erreur ou de vérité, qui infirment ou corroborent l'existence du représenté, et par là semblent revenir sur la sensation, mais qui pourtant ne la font pas. Il en est des images hallucinantes de la veille comme de celles des songes, où le jugement n'intervient point, du moins comme réfléchi. Seulement, la croyance, la passion, les habitudes de la pensée, peuvent influer sur la nature des hallucinations, comme sur celle des rêves, en dirigeant l'imagination ; et elles peuvent y prédisposer en l'excitant et la surexcitant.

On ne conteste plus la réalité des sensations des hallucinés et des visionnaires. Toute discussion élevée làdessus porterait sur les mots, non sur la chose. Mais on doute ordinairement que l'imagination, élevée à la valeur d'une sensation véritable , puisse précéder les effets organiques. Pour les songes, par exemple, Aristote et beaucoup de philosophes après lui , avant lui sans doute, ont admis une sorte de prolongement et de retentissement, un mouvement ondulatoire qui suit les sensations de la veille, et les porte, les reproduit dans le sommeil. Si» pour généraliser une explication de ce genre, on voulait que chaque élément représentatif d'une vision, dans l'hallucination ou dans le songe, fût la conséquence expresse de quelque petit mouvement conservé par l'organisme , on échouerait à comprendre pourquoi des images inattendues et arbitraires, eu égard aux sensations antérieures, s'offrent dans la séné

MOUYKIlBNTS CONSECUTIFS DE L*IMÂ6INÀTI0N. S7f

de^ phénomènes* et comment les propriétés d'une apparition* quelquefois étrange, s'engendrent en dehors de toute expérience faite ou faisable : il faudrait au moins chercher les caractères moraux de la représen-* tation dans Timagination proprement dite , et le problème subsisterait toujours, physiquement insoluble. D'un autre côté, l'excitation interne de tel ou tel filet nerveuxi ou les affections morbides des organes quelles qu'elles soient, rendraient compte d'une hallucination, en cela seulement qu'elles en seraient les conditions générales à un instant donné; car ces affections, modifiées comme elles sont, peuvent provenir elles-mêmes d'un état antérieur de l'imagination ou de la passion ; et, en tant qu'elles n'en proviendraient pas , elles ne sauraient expliquer la forme particulière du phénomène, tantôt vision mystique, tantôt apparence vulgaire, où les dispositions d'esprit du sujet sont toujours empreintes. Celui qui nierait toute spontanéité de la fonction imaginative, par rapport aux données organiques, aurait à s'attacher à Tune de ces deux hypothèses : à celle qui voudrait expliquer par voie de causalité les moindres traits aussi bien que l'ensemble et la signification d'\ine sensation imaginaire, en les déduisant d'une série de faits physiques ou vitaux, mais indépendants de toute forme représentative, et cause» spéciales de tous les accidents possibles de l'existence morale, intellectuelle, passionnelle, domestique, sociale; et, de cette hypothèse où la causalité est entendue dans le sens substantialiste, je n'ai plus rien à dire ici ; ou à celle qui pose l'harmonie des deux séries, or-

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ganique et représentative , chacune avec son développement propre, en sorte que des termes de Tune aux termes de Vautre il n*y ait plus causalité, mais simple concordance. Cette dernière théorie était d'une haute valeur chez Spinoza , qui l'opposait à la doctrine des causes substantielles ( bien que ne se dépouillant pas encore lui-même du préjugé de la substance) ; mais elle n'a plus d'intérêt dès que nous réduisons le rapport de cause à son sens positif, et que nous l'appliquons selon l'expérience. Nous remarquons alors que la série représentative est la seule ici qui nous soit bien connue, et dont les termes s'enchatnent par des lois que nous puissions suivre. L'autre nous échappe en très grande partie. Or, à nous en tenir aux faits observables, nous voyons des phénomènes représentatifs précéder constamment certains phénomènes organiques et physiques (ordre de l'imagination et des passions) , de même que nous voyons le contraire dans un autre cas (ordre des sensations communes et normales). Infirmer cette suc* cession constante et la causalité qui s'ensuit selon la méthode positive, en alléguant l'existence de termes organiques latents, intermédiaires ignorés qui seraient les vrais et essentiels précédents de ceux que nous apercevons, c'est jusqu'à nouvel ordre une hypothèse arbitraire et que la rigoureuse analyse ne permet point.

Ainsi je crois pouvoir conclure des faits que, si la forme propre et exactement caractérisée de chaque sensation hallucinante , dans la veille ou dans le songe , exige une certaine modification correspondante de l'organe, cette modification est souvent elle-même un efiet

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