‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 106 sur 278 · DU FAIT DR LA CONTRACTION MUSCULAIRE DSLIBÊRËB · texte numérisé non relu

DU FAIT DR LA CONTRACTION MUSCULAIRE DSLIBÊRËB

but seul apparaît clairement à la conscience ; les intermédiaires sont du domaine de l'instinct et des fonctions spontanées de l'organisme. Le cas le plus frappant de cette loi s'observe quand nous désirons obtenir spontanément un effet inaccoutumé de nos muscles : on sait qu'il y a de ces effets qui s'acquièrent par l'étude , et aussi qui s'oblitèrent. Notre unique ressource pour y parvenir est de nous représenter le but avec insistance de la volonté, jusqu'à ce que d'essais en essais, toujours plus approchants , la modification organique ignorée soit bien celle qui produit ce que nous attendons. On tenterait l'impossible en cherchant à appliquer une volition directe à ces premiers ébranlements cachés de nos organes, desquels tous les résultats dépendent.

Cette analyse peut paraître négative. Il est vrai qu'elle est sans figure : on n'y retrouve pas la volonté qu'une habitude enracinée personnifie ; mais tous les éléments du fait y sont contenus, et sans rien d'étranger. Appliquons-le à un acte musculaire des plus simples. Au moment où je me demande, par exemple, si je lèverai le doigt ou si je ne le lèverai pas, que puis-je saisir dans ma conscience ? ou ceci : le doigt représenté comme levé, sans opposition de fin contraire ni intervention d'aucune autre idée ; et alors le doigt se lève, comme dans le phénomène du vertige dont j'ai rendu compte ; ou cela : la représentation de ce même acte, comme suspendu; et le doigt ne se lève pas. La volonté, telle que je l'ai définie parait dans l'un et l'autre cas, en tant que la représentation se considère en puissance

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d'être ou de n'être pas actuellement , par soi seule. Ainsi le rapport entre la Tolition et la locomotion se dédouble : il faut rapprocher, d'une part, de la représentation en général et comme automotive, la représentation particulière du fait possible, imminent, actuel : la sphère du vouloir est proprement là ; et, d'une autre part, de la représentation particulière du fait ainsi ima* giné, sa production par le jeu latent des organes.

Dans cette seule série de phénomènes si étroitement enchaînés il y a trois ordres de causalité à distinguer : \^ La causalité première et typique, rapport du phénomène représentatif avec lui-même. La puissance, l'acte et la force sont pris ici à leur origine pour nous, et partout ailleurs n'ont de sens, à notre point de vue, que par extension et généralisation. De là Tient que suivant la solution donnée à la question de la liberté, les idées de force et de cause se trouvent avoir un aspect tout diflérent. 2"" La causalité que nous supposons invinciblement dans le fait de succession constante de certains de nos phénomènes représentatifs et de certains représentés sous les lois d'étendue, de durée et de mouvement. 3"" La causalité dans le rapport mutuel de ces derniers phénomènes, lorsque le mouvement local est communiqué, et que nous envisageons la force comme purement physique ou mécanique.

Nous nous demanderons ailleurs quelle unité il serait possible d'établir avec vraisemblance ou probabilité entre ces phénomènes divers, ces forces diverses. Hais la question échappe à l'analyse, c'est-à-dire à la méthode que je suis en ce moment. Je dois donc m'en tenir aux

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simples distinctions qui servent de fondement à des sciences distinctes.

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