REMÈDKS CONTRE LE VERTIGE
On pourrait objecter ici que nous ne nous sommes pas encore prononcés sur la réalité de la liberté , et qu'ainsi nous ignorons si le fou et le sage n'obéissent pas À des lois également nécessaires qui meuvent toutes les représentations. Or, peut-on se proposer de guérir un mal nécessaire? L'objection n'est pas fondée, parce qu'au nombre de ces lois rien n'empôche de comprendre celle qui déterminerait la décroissance des faits de vertige, dans le développement de Thumanité, avec tous les efforts qui seraient de nature à y concourir.
Mais l'homme peut-il toujours résister au vertige qui le tente? On répondra non, si l'on veut admettre que toute représentation soit déterminée par ses antécédents ; oui, si Von croit devoir affirmer la réalité des représentations automotives telles que je les ai définies (§ ix). Dans le premier cas, les déterminations de conscience sont toutes, au fond, aula.nt de faits de vertige; mais ce dernier mot perd sa véritable valeur, qu'il tirait de la supposition d'une liberté maintenant réduite h une pure apparence, et ce n'est plus que nominalement qu'on l'appliquerait aux jugements et aux actes contraires de ceux que la raison commune regarde comme vrais ou bons en chaque circonstance. En d'autres termes , tout est vertige alors , et il n'y a plus de vertige. Dans la donnée de la liberté, au contraire, on comprend et on qualifie les actes de la personne, en les rapprochant des possibles réels qu'admettait cette même personne. Il y a sagesse réelle et vertige réel dans la conscience comparée, opposée à elle-même et régie par elle-même en tant que volonté ; et non plus seulement
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par relation à ce que d'autres hommes peuvent juger ou faire au même moment ou en d'autres temps.
Nous sommes amenés à nous prononcer définitivement, s'il se peut, sur le caractère réel de cette apparence de liberté à laquelle nous avons dû faire une allusion continuelle dans l'analyse des fonctions volontaires.