OBJECTIONS CONTRE LE SYSTËME DE LA NECESSITE
contradiction, le savant la subit, et il est (enu de Texpliquer, puisqu'il ne saurait arriver, quoi qu'il fasse, à en affranchir sa conscience d'homme.
L'erreur de l'opinion ne reçoit pas une explication bien satisfaisante de ce qu'on dit qu'elle fait partie, elle aussi, des choses nécessaires. Ainsi la loi de la nécessité impliquerait la fiction de son propre renversement, dans l'ordre le plus élevé des phénomènes représentatifs? L'imagination, que Spinoza charge de tout le mal, serait une protestation contre la vérité, et cela dans le sanctuaire même de la vérité, l'esprit du philosophe ? Et a-t-elle un fondement plus inébranlable, cette raison qui, sur quelques définitions creuses, prétend démontrer Tenchaînement rigoureux unique de tous les possibles, etcomptesesadeples? D'ailleurs Tignoranceoùnous sommes souvent des causes de nos actions n'explique pas comment nous croyons libres celles-là mêmes dont les motifs nous apparaissent clairement ; et si l'obscurité de l'avenir était la seule base dé l'imagination des
futurs ambigus, il faudrait que les hommes ne crussent jamais prédéterminés desphénomènes dont ils ignorent entièrement les lois. Mais il n'en est pas ainsi.
Si tout est nécessaire, les jugements de moralité, les notions de droit et de devoir, manquent de fondement dans la nature des choses. La vertu et le crime perdent leur caractère ; des sentiments, des passions, comme le regret, l'espérance, la crainte, le désir, changent de sens, et ne se comprennent plus tels qu'on les observe. Les phénomènes sont tout ce qu'ils peuvent être, et nous devriom réformer nos maximes et nos humeurs