‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 124 sur 278 · OBJECTIONS CONTRE LE STSTÈMB DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

OBJECTIONS CONTRE LE STSTÈMB DE LA LIBERTÉ

existent pour la conscience , la volonté leur est surajoutée comme quelque chose qui n'a aucune connexion avec eux. Lors donc qu'un jugement est libre pour prononcer sur le vrai , soit surtout sur le meilleur, il faut distinguer radicalement l'apparence du vrai ou du meilleur dans ce jugement, d'avec l'aflSrmation qui s'y joint. L'affirmation peut nier quand la représentation intellectuelle affirme, et réciproquement. » Toutefois, comme l'existence d'une opposition pareille est manifestement chimérique, on s'est surtout attaché à fixer la place de la volonté entre le jugement et l'action qui le suit : celleci, un effet propre et direct du je ne $ai$ quoi, indifférent de sa nature , qu'on appelle volonté ; celui-là , ou souvent ou toujours nécessaire. Ainsi donc, autre chose est juger, autre chose est vouloir; tout dans la représentation pourrait être prédéterminé par des antécédents, tout jusqu'au dernier jugement de l'homme qui délibère ; mais , ce jugement rendu , la volonté reste, qui, étrangère à tous ces motifs et cause non causée» peut aussi bien casser ce jugement que l'exécuter, et Hgir d'elle-même sans raison et contre la raison.

Les partisans de la nécessité renversent aisément le système de la liberté d'indifférence : ils ont moins de peine à réfuter la thèse de leurs adversaires qu'à répondre aux objections dirigées contre la leur.

En effet , dès que la volonté , principe indifférent, produit d'elle-même des actes déterminés, c'est au hasard qu'elle les détermine ; et dès que l'homme agit dif^ féremment dans les cas où son jugement est identique, ou identiquement dans ceux où son jugement varie,

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