‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 128 sur 278 · LA LIBERTE AU POINT DE VUE SYNTHÉTIQUE · texte numérisé non relu

LA LIBERTE AU POINT DE VUE SYNTHÉTIQUE

sans doute , mais nécessairement erronée ? .ou un fait primitif, irréductible» devant lequel toutes les lois s'arrôtent, comme à une sphère de détermination première des phénomènes , étroite sans doute , mais infrancbis^ sable?

Aucune loi que nous connaissions ne prédétermine totalement et rigoureusement les actes appelés libres. Autrement la nécessité serait un fait d'expérience; on assignerait la raison invariable du choix dans une délibération morale, ainsi qu*on assigne celle de Taflinité élective dans une réaction chimique, et il n'y aurait plus pour nous de question. Je me trompe, il serait encore possible de soutenir que tejs actes sont effectivement libres, mais que le hasard les a jusqu'ici distribués de manière à simuler exactement l'application de ]a loi qu'on allègue. Voilà, ce semble, une cavillation bien désespérée. Cependant qu'opposerait-on à cette mauvaise raison ? L'esprit de la loi mathématique des grands nombres; on nous dirait ; « Des phénomènes comparables, que vous supposez n'être point prédéterminés, et qui , par conséquent, doivent ôtre l'objet d'une attente égale pour vous, devraient aussi tendre à se produire en nombre égal, au lieu de fournir une série numérique d'événements, dont certains d'entre eux font partie et certains autres sont exclus avec toute l'apparence d'une loi de la nature. » Or il se trouve précisément que la loi des grands nombres , loi unique et étonnante , appliquée aux faits de hasard qui dépendent de la volonté de l'homme, et vérifiée comme elle Test par l'expérience, confirme ce h^isard, en établissant que deux événements

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