‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 139 sur 278 · CARACTÈRES DU DOUTE, ËLSNENTS DE LA CERTITUDE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DU DOUTE, ËLSNENTS DE LA CERTITUDE

de la conscience dans une affirmation quelconque dont les motifs se représenteraient comme suffisants. Il y aurait certitude enfin dans le cas que j'ai déjà défini, celui où la possibilité d'une affirmation contraire serait entièrement rejetée par la conscience.

Même dans ce cas, admettre que la certitude est une espèce de croyance, n'est-ce pas la livrer au changement? N'est-ce pas nier ce que la métaphysique a poursuivi sous ce nom avec tant de constance, si ce n'est de succès? D'un côté, il est clair que les convictions, nécessairement individuelles, varient, et l'humanité prise en masse n'est point parvenue à se donner une assiette plus ferme dans la plus grande et la plus précieuse partie des notions qui l'intéressent. Mais d'une autre part, la conscience ne répugne-t-ello pas à livrer la sainte vérité aux variations de la pensée, aux caprices du vouloir, aux emportements de la passion? Ne poserons-nous donc rien que de mobile pour fondement de ce que nous savons et pouvons savoir ?

De nouveau demandons -nous ce que c'est qu'être incertain, et cette fois ne nous contentons pas si aisément. Souvenons-nous d'une situation morale où nous nous sommes souvent trouvés. Que se passe-t-il qui explique cet état de suspension de l'esprit où les pensées semblent impuissantes à s'arrêter et à se fixer comme représentatives d*une certaine réalité?

Je peux réserver mon jugement en présence de phé* nomènes dont je me souviens d'avoir tiré de fausses inductions, ou seulement parce que l'expérience m'a ap-

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