‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 141 sur 278 · CIRACTÈRES DU DOUTE, ÉLÉMENTS DE LÀ CERTITUDE · texte numérisé non relu

CIRACTÈRES DU DOUTE, ÉLÉMENTS DE LÀ CERTITUDE

n&nt je sais imparfaitement, et c'est encore ne pas savoir. Au point de vue de la sensibilité, au point de ?ue de Tentendement et de la raison, l'homme est incertain parce qu'il ne sait pas.

D'autres fois, je sens que je doute, à l'égard de faits éloignés ou latents, ou même d'objets qu'un peu d'actiyité me permettrait d'atteindre, ou en présence de certaines fins que je pourrais poursuivre ou éviter si mon cœur les déterminait énergiquement comme des biens ou comme des maux, parce que l'existence des uns, la réalisation des autres n'éveille en moi ni un vif intérêt, ni des affections profondes ou persévérantes. Il est même des hommes que rien n'attire, qui ne repoussent rien que mollement, et ne s'attachent à rien. Celui qui leur ressemble en quelque rencontre, ou pour une certaine sphère de vérités, est incertain parce qu'il est sans passion : il ne se passionne pas.

En dernier lieu, dans les luttes intestines de la conscience , lorsque des passions contraires déchirent l'homme et que des représentations opposées du bien combattent dans son cœur, lorsque de tous côtés il semble se sauver et tout à la fois périr s'il se résout, il est faible, chancelant, partagé et comme ne s'appartenant plus à lui-même. On dit qu'il est sans volonté, et, en effet, il est incertain parce qu'il ne veut pas.

Ce même caractère s'observe , pour un état moins violent et moins passionné, dans ce genre si commun des hommes du torrent, que la faiblesse ou le défaut d'exercice des fonctions réflexives rendent le jouet des événements et des idées, et qui, livrés sans défense aux

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