‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 143 sur 278 · INDISSOLUBILITÉ DES TROIS CLËMEJ^TS · texte numérisé non relu

INDISSOLUBILITÉ DES TROIS CLËMEJ^TS

et de la liberté, qui viennent quelquefois allérer les données ou les conséquences d'une spéciilation scientifique où la raison et l'observation doivent dominer: nous verrons plus loin comment ces derniers éléments dominent en effet, et dans quelles parties, et ce qu'on peut en conclure. Je ne les admets plus, lorsqu'il s'agit de sonder profondément l'essence de nos affirmations, au moment même où elles se produisent sans autre garantie que celle d'une conscience individuelle, et en présence d'un doute possible touchant la rectitude d'une opération ou la vérité d'une représentation particulière; doute qui les atteint et qui les accompagnerait toutes s'il n'était doublement exclu, et par notre volonté d'arrêter quelque chose, et dans l'intérêt des fins que poursuit notre pensée. Pour ne point s'accuser ici d'une rigueur exagérée, il faut se rappeler la nature de la question, supposer un homme exempt de toute habitude et indépendant 4p toute autorité, ce qui n'a presque jamais lieu, et le voir tel qu'il est en face d'une idée tout à fait nouvelle. Il faut songer aussi à la sévérité que le sujet exige, et à la nécessité de ruiner des abstractions que leurs auteurs sont parvenus à établir comme des réalités dans le domaine public. C'est la prétention ancienne et tenace des partisans d'une certitude abstraite, chimérique, et pour ainsi dire détachée de la nature humaine, qui oblige le philosophe sincère à relever à son tour ce qu'une affirmation , quelle qu'elle soit , a de relatif à la conscience, et par conséquent de contes- ' table aux yeux de cette conscience même , à l'extrême rigueur, dès qu'elle dépasse la portée de ses phéno-

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