DOUTE, CROYÀNCB, CERTITUDE MORALE
tous les cas , attendu que la yérité relative à rhomme est une yérité humaine, et la vérité relative à l'individu une vérité individuelle. Non, dira le croyant, fort du sentiment qui le possède.
La certitude est donc une croyance , ainsi que je le disais d'abord ; mais cette croyance il faUait la définir, et c'est ce que je me suis efforcé de faire. Commune à tous les hommes, essentielle à leur nature, quant k ses données ou applications fondamentales, on voit à quel point elle diffère d'une foi mystique, variable, arbitraire, que l'imagination enfante pour la plus grande partie, et que l'éducation et la coutume perpétuent dans les nations. L'affirmation religieuse dogmatique, quoique légitime dans un domaine que la science juge inaccessible, légitime à condition qu'elle respecte la raison pour en dépasser les bornes , et d'autant plus alors , n'est pourtant pas un produit de l'intelligence et de la ré* flexion, dans leur indépendance et leur plénitude naturelles, appliquées aux sujets nécessaires de la spéculation humaine. Heureux encore, si ne prétendant pas croire sans concevoir, la foi est autre chose que ce que Voltaire a si bien nommé une incrédulité soumise I
Mais enfin n'existe-t-il pas une vérité, une seule, qui puisse être immédiatement saisie, et dont l'objet et le sujet , s'identifiant dans la conscience , posent ainsi le fondement d'une certitude plus rigoureuse et plus simple? Demander une vérité de cette sorte, c'est la définir et la reconnaître. Elle nous est donnée dans le phénomène comn\e tel, et au moment même où il s'aperçoit. Là , point de doute possible ; toute incertitude serait