‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 148 sur 278 · S XV · texte numérisé non relu

S XV

De quelques théories célèbres de la certitude •

Les civilisations antérieures au monde grec se fondèrent sur des conceptions théologiques, comme dans rinde, ou sur le respect religieux des traditions de famille, comme dans la Chine. £n quelques lieux favorisés, des hommes de ces temps pratiquèrent la spéculation rationnelle, commencèrent la science ; des questions de méthode furent même posées et diversement résolues. Hais les Grecs les premiers, penseurs plus spontanés, esprits plus libres, se virent conduits à envisager la certitude sous un mode vivant. Le philosophe se plaça dans l'isolement de la réflexion individuelle, dans l'indépendance de sa volonté, en face des données des sens, des principes de la raison, des doctrines et des contradictions des peuples et de celles des sages, et se demanda si , en se conformant aux apparences pratiques des choses, il ne pourrait point toutefois s'abstenir des affirmations de théorie, garder la liberté de ses jugements dogmatiques, toujours suspendre, examiner^ chercher, douter (ce sont les mots sacramentels], enfin trouver dans cette suspension même l'assiette imperturbable de la sagesse.

A une telle question, on pouvait répondre par le fait, et c'est ce que firent les sceptiques. Les écoles du dogmatisme les accusèrent de se contredire sur ce qu't/< affirmaient ce dogme : que nul dogme ne peut être affirmé. Mais les sceptiques n'affirmaient point cela ,

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