‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 151 sur 278 · CRITÈRE DU CONSENTEMENT UNIVERSEL · texte numérisé non relu

CRITÈRE DU CONSENTEMENT UNIVERSEL

comme parle le même philosophe, n'a point des apph* cations telles qu'on soit dispensé dé les discuter. Or la discussion doit porter sur la question de savoir si telle vérité est effectivement du ressort de la disposition commune^ et jusqu'à quel point, dans quelle mesure, sous quelle formule? Qui en décidera? Quel est le philosophe qui, en suivant une méthode quelconque, a cru s'éloigner de celle-là ? Quel est celui qui s'est reconnu lui-même hors du sens commun? Et les sceptiques ne pourraient-ils point se donner pour les plus sensés de tous, eux qui, professant l'ignorance volontaire en ma*tière de spéculation, se maintiennent sagement dans la foule des hommes que le sens commun ne porte point à définir des substances et à formuler des dogmes.

Il est à peine utile de remarquer que le sens commun, cette fois dans une acception tout à fait vulgaire, est ce qu'il y a de plus étranger à la vérité, en matièrede science. Le sens commun de beaucoup d'hommes n'est que l'habitude et que le préjugé. Au nom du sens commun on a pu nier le mouvement de la terre, la grandeur du soleil, la vitesse de la lumière. Avouons même que cette sorte de bon sens est encore bien répandue, et ne manquerait pas de réunir la majorité des voix en Europe (que serait-ce dans le monde entier?) n'était l'autorité des savants substituée de plus en plus à celle des prêtres. Le sens commun avec l'ignorance a produit toutes les erreurs, et c'est là qu'on veut trouver la certitude.

Sous un point de vue, le critère du sens commun diffère peu de celui qu'on a nommé du consentement uni-

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