CRITICISME DE KANT
comme autrefois, dans les conséquences de la raison théorique : le tout, toujours, sur des jugements nécessaires et on ne peut plus irrécusables.
Quels que soient les reproches que le criticisme kantien ait encourus, Eant n'en reste pas moins le plus grand des philosophes, et le dernier, celui dont l'œuvre doit être le point de départ des travaux à entreprendre sur les questions de la certitude et de la méthode. D'ailleurs l'esprit, chez lui, est plus fort que le système; il le renverse, et à cet esprit nous sommes fidèles. C'est en son nom que nous unissons les deux raisons, pour l'établissement de la certitude; en son nom, que nous abandonnons la substance, comme étrangère à toute espèce de connaissances.
En effet, l'union des deux raisons est fondée sur la part à faire à la croyance libre dans toutes les affirmations humaines, et sur la tentative impuissante du philosophe pour conserver, en faisant celte part, un certain domaine de la raison pure.
Et la substance, déjà si réduite dans le cartésianisme, dans celui de Locke surtout, se trouve enfin sacrifiée par cet étrange aveu du criticisme : que l'unique moyen d'éviter la contradiction est de n'appliquer à la chose en soi aucun mode de représentation, aucune règle de la connaissance. C'est bien à cette chimère, en effet, que Kant a dû la contradiction où il est tombé, et le vice de ses antinomies. Qu'allègue-t-il donc pour s'en embarrasser encore? Puisqu'il y a des phénomènes, dit-il, il faut que quelque chose apparaisse. Mais si cet argument est bon, il faut pouvoir comprendre que la chose en