SUJET ET OBJET D*UNG AFFIRMATION PREMIÈRE
soi, en soi, c'est-à dire en tant que n'apparaissant pas, cependant apparaît ; et la contradiction est déjà là. Au contraire, en prenant pour réalité fondamentale le phénomène, la représentation avec ses deux éléments inséparables, on n'applique plus sa raison qu'à l'apparence pour soi, c'est-à-dire à la conscience, à la donnée même sans laquelle s'évanouirait toute connaissance, et qui ne renferme rien que d'intelligible.
Une esquisse historique des opinions sur la certitude doit s'arrêter à Kant. Les successeurs de ce philosophe n'ont pu que reparcourir un cycle philosophique antérieurement épuisé, et des phases rajeunies ne sont point des phases nouvelles. Quant à ceux de nos contemporains qui mettent leur critère partout, dans les sens, dans la raison, dans le témoignage, dans le sens commun, quelquefois même dans la croyance, en oubliant toujours la liberté, principe d'une réflexion vivante, ils ne traitent pas sérieusement la question , et semblent n'arriver pas même à la comprendre. Toute philosophie qui ne tient pas compte avant tout des incertitudes, et des variations, et des contradictions de la philosophie, historiques et actuelles, mais qui s'entretient dans l'illusion de les supprimer pour les résoudre, est, disonsle hautement, un pur enfantillage, auquel un homme ne doit plus s'arrêter.