THÈSES FONDAMENTALES DE LA UËALITE
de faire à Vusage^ comme il dit , ou h la nécessité morale de juger pour agir. Au lieu d'affirmer par le fait, comme lui, puis de chercher les raisons d'un doute persévérant de théorie, nous placerons dans cette adirma* tion affective notre théorie même, et nous nous y déclarerons certains de toute certitude. Oc, ces thèses sont faciles à déterminer.
£n premier lieu, nous affirmerons la réalité de la conscience, c'est-à-dire son identité dans le temps, c'est-àdire encore la loi de la mémoire, en vertu de laquelle une série indéfinie de phénomènes se trouvent centralisés en un moment quelconque, alors qu'ils n'y sont pas présents. Nous affirmerons les autres fonctions inséparables qui dépassent Vimmédiation et l'actualité : le jugement, la raison, le raisonnement, toutes les règles, toutes les synthèses de phénomènes, qu'un instinct puissant nous suggère, que la réflexion confirme, et que l'expérience ne dément pas mais applique et vérifie. Nous affirmerons que l'usage de ces fonctions et des catégories qui les dirigent ne nous trompe pas en général, ou du moins ne nous trompe pas de telle manière que la comparaison des faits et la réflexion prolongée ne nous permettent de corriger nos erreurs.
En second lieu , le domaine de l'expérience se composant de deux classes de phénomènes, les représentatifs et les représentés ; ceux 4^ ces derniers qui sont proprement dits tels, ou objets externes, et dans l'espace, et indépendamment desquels nulle de nos représentations, on fait, ne se produit, ces représentés, disons^nous, s'offrant tout d'abord et naturellement à