‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 159 sur 278 · THÈSES FONDAMENTALES DE LA RÉALITÉ · texte numérisé non relu

THÈSES FONDAMENTALES DE LA RÉALITÉ

nous comme existences qui n'attendaient point notre conscience afin d'être donnés ; la réflexion, d'ailleurs, parvenant bien à ramener à celte conscience les caractères immédiatement sensibles de ces existences, mais sans ébranler en général une croyance plus forte que tout système, et qui nous fait poser celles-ci : nous affirmerons que, sous des conditions d'étendue et de durée, hors de nous et en nous, des groupes de phénomènes sont établis et se développent, lesquels sont en un mot des êtres pour soi , de même que des apparences pour nous et dans notre représentation objective. Nous affirmerons que nous ne sommes point trompés quand nous érigeons certaines de nos sensations en perceptions de l'être , et quand , au regard de la conscience et de ses propres , nous plaçons le monde en rapport avec elle. En troisième lieu, nous affirmerons que parmi lesi groupes de phénomènes, êtres pour soi, existent des consciences régies par une loi coordonnante telle que la nôtre, et développées par des fondions semblables : ce sont les hommes ; puis des synthèses plus ou moins analogues, que robservalion nous apprend à distinguer et à définir d'une manière plus ou moins précise : c'est la série des êtres vivants ; puis des individus dont l'es* sence pour soi est plus obscure, quoique leurs caractères pour nous soient également nets, mais dont l'individualité en tout cas, et quant à ce qui peut être saisi directement, est beaucoup moins marquée, moins particulière, constamment subordonnée à des lois générales qui la composent et la modifient, et avec lesquelles on ne sait souvent s'il no faudrait pas la confondre : ce

fàti THÈSES FONDAMENTALES DE LA RÉALITÉ.

sont les corps tels que les atteint immédiatement la sensibilité, et que les sciences physiques les définissent; puis enfin, les lois constantes auxquelles nous voyons par expérience que l'assemblage et la succession des phénomènes sont assujélis. Mais ces faits généraux du monde réclament une mention expresse.

En quatrième et dernier lieu , nous affirmerons que le développement des phénomènes pour soi, dans le monde extérieur, est régi par des lois réelles , et non pas seulement eu égard aux conditions de sa représentation dans notre conscience propre ; que les lois de celle-ci, particulièrement le nombre, l'étendue, la durée , le devenir, ]a causalité , s'appliquent au monde, telles que nous les concevons, et sont de part et d'autre identiques ; et que les lois du monde , quand Tobservation et l'expérience seules les découvrent et les confirment, sont constantes et générales, comme dès-lors la conscience les veut^ bien que cette coustance et cette généralité, susceptibles d'une vérification indéfinie , ne puissent jamais elles-mêmes s'établir expérimentalement.

Ainsi, Texlstence et l'ordre de la conscience, Texistence du monde de l'expérience externe , les existences individuelles, la conformité des lois de la conscience et de celles du monde pour soi, sont les objets de cette affirmation radicale, naturelle, universelle, querhomme, que le sceptique môme est tenu d'embrasser, sous peine de suspendre, et enfin d'arrêter le cours de son intelligence et de ses actes. Nous savons que le sceptique n*en vient pas là, qu'il se confie à la pratique en pro-

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testant pour la théorie ; mais ce qu*il ne fait point, certains ascètes ont tenté de l'accomplir : la règle de perfection de la religion*de Bouddha prescrit la méditation du néant des choses et Teffort persévérant de la pensée pour se réduire à ce néant.

Il n'est que juste d'attribuer le nom de raison h la fonction commune des affirmations qui viennent d'être indiquées, et de leurs dépendances. La raison est ici une raison pratique , je crois l'avoir montré surabondamment; mais la pratique n'est précisément que l'usage moral de la raison même définie dans nos analyses abstraites, jointe aux autres fonctions de la conscience dont on ne saurait la séparer dans l'exercice. L'application du nom est d'ailleurs justifiée par le langage reçu. Ce n'est pas sans cause, i^'est au contraire avec un sens profoud que l'on s'accorde universellement à nommer raison, et cette fonction de théorie qui pose des principes et tire des inductions ou des conséquences, et cette fonction pratique, cette sagesse dont le trait capi* tal est Vordre qu'une conscience établit dans la suite et le choix des affirmations d'où dépend la conduite de la vie.

Les thèses de réalité posées par la raison, dès qu'on les approfondit, soulèvent une à une toutes les difficultés de la philosophie. A vouloir seulement éclaircir et préciser le sens des mots, on voit reparaître les systèmes. On s'enquiert, en effet, de l'essence delà réalité, du principe constitutif de la personne et des individualités naturelles, de la nécessité totale ou partielle des

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lois du monde relativement à la conscience. Le dogme des substances peut paraître, d'autant plus aisément que le symbole qui est en tout la fonds est conforme aux habitudes de l'imagination, et nous emporter aussitôt hors de la théorie rationnelle de Tordre des phénomènes. Dès-lors et en fait il n'y a plus de certitude, car on s'égare au milieu des divisions des philosophes et de leurs critères contradictoires. Si donc nous voulons ne pas sortir de ce premier ordre des vérités certaines qu'établissent nos formules, il faut que ces formules mêmes demeurent en partie indéterminées et ne dépassHut point la croyance commune, dont les articles, d'ordinaire, ne sont pas définis rigoureusement; il faut que nous renoncions à décider de ce que sont pour soi ces êtres pour soi que nous admettons. Nous bornerons donc la réalité que notre croyance envisage aux lois quelconques par lesquelles sont assurés l'ordre en général et les existences individuelles, quelle que soit l'essence de celles-ci ; c'est-à-dire que la méthode suivie jusqu'ici dans ces Essais sera pour nous la certitude première et la plus étroite, sans rien préjuger de la confirmation que nous pourrons trouver plus tard de sa valeur exclusive, ni de la portée des applications qu'elle nous permettra.

Si les philosophes qui ont accepté pour fondement (Je la science le sens commun, la raison universelle* la croyance naturelle, le consentement général, noms variables d'un critère imparfaitement défini, avaient su se restreindre et n'étendre l'aflirmation, à ce litre seul, qu'aux lois en général, à l'ordre, aux existences indivi-

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duelles, puis à l'usage régulier de la raison s'efforçant de déterminer plus précisément ces choses, la première ({uestion de la méthode serait depuis longtemps résolue. Avec d'autres prétentions ils n'ont mérité que le ridicule. Qu'est-ce, en effet, que mettre au ban de la raison et du sens commun tout ce qu'il y eut jamais de philo* sopbes au monde, et baser le véritable savoir sur les croyances de gens qui ne définissent point ce qu'ils croient? Encore ce dernier cas est-il le plus favorable. Dans Vignorance et la barbarie qui couvrent la terre, combien d'hommes sont exercés à distinguer leurs ima^ ginations de la vérité ? et combien ne se contrediront pas dix fois dans un quart d'heure, lorsqu'un interrogateur expert les forcera de s'expliquer sur leurs croyances naturelles?

Les objets de l'affirmation première, considérée chez l'homme qui se livre à la réflexion et cherche la science, ne se posent pas théoriquement dans une complète indépendance de la volonté et de toute pratique morale, nous l'avons vu ; mais ils résultent des jugements les plus instinctifs, les plus nécessaires et les moins médiats qui soient possibles parmi ceux qui dépassent rimmédiation des phénomènes : de là vient que le dogmatisme les a tous presque toujours qualifiés d'évidents. Il ne sera pas hors de propos d'ajouter ici quelques observations à ce que j'ai dit déjà de l'évidence. Puisque ce grand mot est un pur symbole, tiré des apparences visuelles, et quelle autre valeur pourrait-on lui attribuer? examinons-le dans l'esprit du symbolisme. La lu-

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miëre, comme chacun sait, nous fait voir toutes choses et ne se fait point voir, ou du moins ne se montre qu*en montrant des objets sans lesquels elle serait insaissable. Le principe de l'évidence est donc inévident. Or rintelligence et la raison se comportent précisément comme la lumière. Les applications de leurs premiers principes sont saisies avec une grande clarté ; mais, en même temps, ces principes n'apparaissent point, la vue qui s'efforce de les atteindre se trouble, et quand nous parvenons à les formuler, ce n'est plus en qualité de choses visibles, c'est au contraire comme lois inhérentes à la conscience, et conditions de toute visibilité pour elle.

Laissons ces sottes images dont on abuse toujours, et expliquons-nous.

On appelle justement évidents des actes de mémoire, d'imagination , de raisonnement , qui dépendent des fonctions humaines; mais l'essence de ces fonctions mêmes, et dans leur généralité, ne se témoigne point par évidence. La donnée générale de l'exercice du jugement, la loi de qualité, sa valeur réelle, ne s'expriment ni exactement ni d'une manière seulement plausible par le symbole de l'intuition. Kant aurait pu se demander des propositions analytiques, ainsi qu'il l'a fait des synthèses premières, comment elles sont possibles : on ne justifie pas une synthèse essentielle à la conscience, et irréductible ; on ne justifie pas mieux la loi qui fa^' unir et séparer, identifier et distinguer deux phénomènes rapportés l'un à l'autre dans un jugement quelconque. Ce sont formes constitutives delà représentation, qui se

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posent avec la représentation même, et, si on n'a point à les justifier, on ne saurait davantage les voir, ni voir qu'elles sont vraies, j'entends toujours dans leur généralité. Au contraire, si nous passons de la raison au raisonnement, aussi bien que s'il s'agit des actes de la sensibilité ou de la mémoire, chaque moment de l'opération de l'entendement porte avec lui sa clarté, son évidence. Encore n'est-ce toujours que par manière de comparaison et d'images, mais plus ou moins acceptables, selon que la représentation s'approche du degré de simplicité et d'immédiation irréfléchie que nous offrent les phénomènes de la vue. Rien de général n'a ce caractère.

Il en est de la réjalité de la conscience prise en son ensemble, et de ce qu'on appelle son identité et sa permanence, comme des fonctions distinctes qui la com* posent. La conscience ne serait évidente pour elle-même qu'autant qu'elle deviendrait, pour la généralité de ses opérations et de ses caractères, un objet d^nluition unique et simultané, ce qui n'est pas et ne se conçoit même point.

Après les lois qui règlent à priori les actes de la conscience, et, réunies, la constituent en ce qu'elle a de général, considérons celles que l'expérience découvre dans le monde. Leurs applications, les cas particuliers dont elles se forment, comportent l'évidence dont j'ai parlé ; mais l'agglomération ou la succession de ces cas ne conduisent à la loi même que par Tusage des fonctions de la conscience, et surtout de la généralisation, de l'induction : or l'expérience ne vérifie les résultats

488 QUESTION DB L*tVIDRNCE.

ainsi obtenus que d'une manière particulière, répétée, indéfinie, jamais définitive et totale, et dès-lors il n'y a plus d'évidence. Au reste, la constance et la généralité des lois de la nature n'ont jamais qu'une valeur probable, quand ces lois sont déterminées. Qui peut savoir, en effet, si la loi qui ne s'est jamais démentie, la plus générale de oelle^que nous connaissons actuellement, ne dépend point d'une loi supérieure inconnue, laquelle, après un temps quelconque, ferait succéder à la série des phénomènes observés maintenant une série toute différente. S'il en était ainsi, la généralité, la permanence, ne feraient, il est vrai, que reculer, mais pourtant nous nous tromperions en les appliquant à nos données actuelles. On voit que l'affirmation des lois du monde, en tant que constantes et d'une réalité dernière et parfaite, doit se borner, dès qu'il s'agit de certitude, à l'existence d'un ordre en général, et d'un ordre dont les lois observées de fait peuvent n'être que des conséquences partiales, en tel lieu et pour une telle ère. Celui qui approfondira la notion ainsi universalisée aura bien vite reconnu que l'Ordre n'est point évident, mais que toutes les forces de la conscience se réunissent pour affirmer, en affirmant qu'il est réel, la conformité profonde du monde avec ce qu'elles sont elles-mêmes.

A l'égard de l'affirmation de la réalité du monde extérieur et des existences individuelles, et de celles-ci d'abord, l'évidence ne s'applique pas mieux. Les groupes de phénomènes dont se forment les individus sont d'apparence sensible, et en cela évidents. Mais l'individualité que nous concevons spontanément ne s'arrête pa*

QUESTION DK l'ëVIDENCE. 429

là. Ainsi» de la similitude d'un grand nombre de faits que nous voyons réunis chez les animaux, avec ceux qui se rattachent à notre être propre, nous concluons qu'ils sentent aussi. Notre conviction se fonde sur une puissante analogie, sur une induction naturelle, presque invincible, et que pourtant une illustre école a eu le triste courage de repousser résolument. Quand nous croyons que les autres hommes sont hommes comme nous, c'est à une induction plus forte encore que nous cédons, mais enfin à une induction. Nous ne savops pas par évidence que nos semblables pensent, car il faudrait pqur cela que leurs pensées appartinssent à notre conscience. Dans la supposition qu'ils pensent en effet, nous obtenons à l'aide des signes une certaine communication avec eux, et par suite un tel nombre de vérifications constantes de notre hypothèse (jointes à l'argument analogique des actes et des constitutions apparentes, visibles] que le doute n'est jamais tenable pour nous. Il n'en faut pas tant pour croire fermement : l'induction naissante est aussi forte, en effet, que Tinduction mille fois vérifiée; mais, à l'état le plus élémentaire, elle est moins évidence qu'instinct : Incipe, parve puer. . . En résumé l'évidence, pour ne point exclure nn mot qui nous est si naturel, convient au raisonnement, non à la raison ; à l'application des catégories et fonctions de l'entendement, non à la position même de ces choses en général ; à la constatation de certains faits, non à celle de l'universalité et de la perpétuité des lois qui les régissent ; à la distinction des individualités sensibles, non à la détermination de leurs caractères intrinsèques;

430 RÉFUTATION DU PEUCEPTIONISME.

aux sensations , non à ce qu'on appelle la perception du monde extérieur. Mai^ ce dernier point mérite quelques explications.

Dugald Stewart et quelques professeurs qui pensèrent à sa suite ont fait grand bruit de la démarcation profonde apportée par Reid entre la semation et la perception^ et de la délivrance du domaine de la philosophie occupé par l'hypothèse des idées intermédiaires: œuvre excellente et définitive, disaient-ils, de ce sage Écossais. Jusque-là, toutes les écoles distin* puaient entre les sensations qui ne sont que sensation, et celles qui répondent en outre à des objets donnés extérieurement ; toutes tenaient compte des jugements qui se placent entre la sensation et rafiirmation de l'objet. On admettait généralement aussi, depuis Descartes, que les sensations ne font rien connaître des véritables qualités des corps, hormis l'étendue et ses accessoires ; les newtoniens ajoutaient, sous un nom ou sous un autre, la résistance. Enfin Berkeley et Ilume avaient emporté cç dernier boulevard de la notion du corps en soi. Heid reconnut que les sensations ne se composent en efiet que de phénomènes propres à la conscience ; mais il prétendit que la perception proprement dite est une opération qui, par la mystérieuse entremise de certains organes atteint les corps véritablement, directement, et tels qu'ils sont en eux-mêmes. Par exemple, la dureté n'aurait, il est vrai, rien de commun comme sensation pure avec l'état d'un corps, mais, en même temps que celte sensation a lieu, un jugement

JIËPUTÀTION DU PERCEPTIONISMB. 431

immédiat et certain poserait cet état, par la conception (Tnn degré de cohésion entre les parties, qui exige remploi d'une certaine force pour les déplacer. Tel est le jugement très complexe dont Reid veut faire plus qu*un jugement, et qu'il appelle une perception. Mais que sert pour son but de renverser avec éclat ces chimériques intermédiaires de Tobjet et de la pensée, que les philosophes modernes ne proposaient plus sérieusement et n'employaient que par manière de langage. Il faut prouver que l'objet est saisi en lui, non par une représentation en nous. Or ces termes que le philosophe est obligé d'employer, conception, conscience, etc., déposent en cela contre sa prétention et établissent l'existence d'une certaine entremise, qui est celle de la pensée même, outre les conditions organiques.

Au reste, Reid n'entend pas prouver : il en appelle à la croyance. Alors, disons que la représentation perceptive est une sensation, accompagnée ou suivie de jugements sur la nature d'un objet dont la croyance pose en même temps l'existence réelle. Cette croyance en la réalité des phénomènes hors de nous est incontestable, elle est naturelle, spontanée, et telle que la réflexion n'y change rien. Mais une autre croyance , celle qui déclarerait l'objet saisi eu soi , et qui pourtant impli* querait des jugements complexes, des défîtiitions de qualités à termes discutables, et propres à mettre la division parmi les philosophes, celle-là nous ne devons en tenir compte que si elle se présente avec la réflexion voulue en pareille matière. Il s'en faut de beaucoup que les jugements irréfléchis de l'homme soient infail-

432 KËPOTÂTION DO PERCfiPTlOMISMB.

libles, ou seulement clairs et distincts, parce qu'ils sont vulgaires* Ceux dont il s*agit ici , quand on veut qu'ils énoncent autre chose qu'une suite de faits sen* sibles, soulèvent de grandes questions, que nulle perception n'atteint et qui ne reçoivent point de solution immédiate. Ainsi, dans l'exemple ci-dessus, emprunté i la dureté, nous demanderons ce que c'est la cohésion de$ parties des corps : si on nous répond par une déflnition de fait, il n'était pas besoin d'invoquer la croyance; les phénomènes sont là; et si l'on essaie de nous dire ce que valent précisément ces termes partie et cohésion appliqués aux phénomènes pour soi, hors de notre expérience personnelle, osera-t-on encore parler de perception ? Ce serait vouloir trouver dans les données les plus grossières de la connaissance ce que nous offrirait seule une science achevée. El, au fait, ces mêmes Ecossais qui croient savoir ce que c'est qu'un corps, en se confiant à des croyances banales et mal définies, doutent ailleurs si la vérité n'est point dans l'hypothèse de Boscovich 1 On sait que ce savant composait la matière avec des forces attractives et répulsives, localisées en des points mathématiques.

Il en est des autres qualités premières de» corps, telles que divisibilité, mobilité, fluidité, etc., comme de la dureté. S'agit-il de décrire des phénomènes? rien n'est si simple, et il n'intervient là de jugements que ceux qu'exigent la mémoire et la comparaison des faits sensibles successi£s. Voulons-nous affirmer et définir quelque chose au-delà de l'existence réelle des phénomènes pour soi , mais posés sans détermination pré-

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