CONCLUSION TOUCHANT LA CROTANCK SN LA LIBERTE
À peu près dans toutes les questions qui sont pour nous du plus haut intérêt, et sur lesquelles rhumanité se divise? La liberté posée, que devient donc la certitude, affectée par l'application de la liberté?
Elle devient, ou plutôt elle est variable et relative. Elle est en cela ce que le spectacle du monde témoigne bien qu'elle est, contre les vaines prétentions d'un dogmatisme aussi puéril qu'il veut paraître viril , toujours troublé, haletant, à la poursuite d'une sagesse imperturbable et d'une inébranlable science, dont la possession prétendue n'occupe que rarement toute la durée d'une vie mortelle, et à la grande pitié des sages qui pensent autrement. Elle est relative ; non qu'elle varie avec les phases d'un progrès fatal , aujourd'hui vraie ou fausse , demain fausse ou vraie pour une seule et même affirmation; mais , immuable en puissance , immuable dans son objet, elle dépend, pour se constituer dans un homme donné, de l'état actuel de cet homme, et de ses habitudes, et de la nature et de l'empire de ses passions, et de la force de ses fonctions réfléchies. Qu'elle s'impose à la conscience avec toute l'énergie possible, qu'elle s'organise en croyance plus ou moins universelle , encore dépend-elle toujours de la liberté des esprits, de la rectitude des volontés ; et elle est soumise en chacun de nous à une double vérification : la conscience d'autrui, les faits de l'avenir. Enfin, le progrès n'est pas dans la vérité même, ou dans la matière de la certitude, mais uniquement dans la moralité de l'homme et des masses humaines qui en sont les vivants sujets.