‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 174 sur 278 · CONCLUSION TOUCHANT LA CERTITUDE · texte numérisé non relu

CONCLUSION TOUCHANT LA CERTITUDE

et dans la connaissance positive des lois du monde» laquelle» en se développant, assure et facilite la tâche des aflSrmations demandées à la conscience.

Toute théorie de la certitude qui ne procède pas de rilluminisme et de la mysticité, mais qui vise au rationnel, roule nécessairement dans un cercle vicieux, ou se réduit au fond , sans que Ton veuille en convenir, à celle que j'expose. En effet, le philosophe qui prétend que la certitude s'appuye sur elle-même, au lieu d*élre simplement donnée en lui, et relativement à lui, à sa conscience et à sa liberté, comment peut-il être certain d'être certain, et de cette certitude-là? Quelque point fixe qu'il établisse [aliquid inconcu$$tim] , on lui demandera d'où il peut savoir que la fixité prétendue n'est pas relative à ses moyens propres et variables de la mettre à l'épreuve. Donc, afin d'éviter le progrès à Tinfini où l'engagerait la question de la certitude de la certitude, il sera conduit à tirer de l'existence d'un premier critère celle d'un second, laquelle, à son tour, démontrera celle du premier. C'est ainsi que Descartes prenait la preuve de ce qu'il appelait Dieu dans ce qu'il appelait l'évidence de la pensée, puis s'assurait à l'aide de ce dieu que cette évidence ne pouvait le tromper. Beaucoup d'autres philosophes, surtout parmi les modernes, donnent leurs conclusions pour preuve de leurs prémisses. Us croient qu'un système est boiteux, chancelant, tout le temps qu'il marche et va pour s'établir, mais que, une fois arrivé au but et arrangé dans son repos, ce même système se solidifie dans une sorte d'in-

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