‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 175 sur 278 · CONCLUSION TOUCHANT LA CERTITUDE · texte numérisé non relu

CONCLUSION TOUCHANT LA CERTITUDE

tégrilé circulaire. On abuse ici d'une vérité de méthode: la connaissance fait cercle et le cercle définit la connaissance ; mais où est la certitude? Que le cercle soit le cercle de Hegel, ou le cercle de Fichte, ou un autre plus ancien, dès qu'il est proposé comme ealier, unique, réel, une certaine croyance et une certaine liberté sont appelées à le confirmer en masse, comme aussi à Tinfirmer en détail, et, quelque réalité qu'il ait, s'il en a, c'est pourtant de notre affirmation qu'il en tient la certitude en nous.

La théorie de la dfertitude fondée sur la liberté est donc la seule eiempte de cercle vicieux. Les théories à visée absolue sont condamnées au sophisme ou au mysticisme. J'appelle mystique le philosophe qui se targue d'une révélation de nature quelconque pour se poser dans le complet, dans le définitif, dans l'immuable de la science ; celui dont la conviction propre n'est pas seulement à ses yeux une croyance actuelle jointe à la croyance morale en la durée et en la perpétuité de cette même croyance, ce qui est légitime et bon, indispensable même, mais, bien plus que cela et toute autre chose, une incompréhensible certitude en soi, fruit d'une participation non moins obscure à un être en soi non moins mystérieux. £n face d'une vérité pratique énorme et qui, je l'avoue, offense mon œil, ce philo^ sophe détourne le sien : il ne veut pas savoir que toute doctrine varie, et dans le cours des figes, et d*école à école, et de disciple à disciple, et dans une seule et même conscience : dans la sienne.

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