‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 176 sur 278 · LE DOUTE ET LE BON SENS · texte numérisé non relu

LE DOUTE ET LE BON SENS

La relativité du vrai, telle que nous sommes conduits à Tenlendre, n'a point le caractère d'une concession au scepticisme. Nous savons en effet, par la pratique, et nous déterminerons de plus près par Tétude, dans le champ des théories, que Thomme doit moralement prendre parti sur de certaines vérités, tant de celles que j'ai classées comme formant un premier ordre de la certitude, que là même où des doutes sérieux sont possibles. Sur d'autres points, s'il est sage de s'abstenir, c'est encore une manière d'affirmer et de' décider. Au reste, un élément inévitable d'incertitude et de doute, à quelque faible degré que nous le réduisions quelquefois, est inhérent à l'humanité réfléchie. Le bon sens n'exige pas si essentiellemment, comme on l'a cru, certaines affirmations, qu'il n'exige un certain doute obscur, loin relégué, mais enfin possible à toute force, qui accompagne les faits réfléchis de conscience, comme une ombre, ordinairement inaperçue, toujours présente. Le commencement de la folie, puis son constant caractère moral, est, nous l'avons vu, un excès de certitude, un triste anéantissement de la puissance de douter. Avec une mesure quelconque de doute possible , et encore une fois cette mesure est à vous , amoindrissez-la tant que TOUS pourrez, ne la perdez jamais, nous avons la vraie science , nous avons le bon sens , nous avons la sagesse, nous avons la tolérance, et grâce, en un mot, à celte apparente imperfection de l'humanité, nous sommes humain$. Dans la voie contraire, où le doute trop bien écarté ne peut plus revenir, l'absolu invoqué

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