BE8 POSTULATS DE TOUTE SCIENCE
trouYons, on le voit, datis la liberté et dans les lois de l'univers. Les lois posent le constant dans le Tariable. ce qui est bien la vérité d'expérience et de raison, le fait de la vie et de son développement, et son eiplication unique ; et la liberté nous donne le sens positif le plus élevé dé ce qu'on appelle une substance individuelle, sans préjudice des lois physiques ou autres , connues ou inconnues, desquelles résulte et par lesquelles peut persévérer et s'accomplir de plus en plus l'individualité de l'être, dans l'ordre inférieur des phénomènes. Regretterons-nous maintenant cette substance qui, dans toutes les philosophies du monde, n'a pu permettre de distinction entre les êtres qu'avec la tendance fatale à les confondre dans l'unité, et n'a semblé quelquefois établir le fondement de l'individu que pour le ruiner aussitôt? C'est sous la domination de la doctrine de la substance qu'un homme dont le sentiment protestait contre les théories qui enivraient son siècle, F. H. Jacobi, a dit avec tant de raison : Toute philosophia est un spinozisme déguisé.
S XVUI.
De la eertltttdc des Miences et de leur claMifte»tle»
milonnelle.
Pour se fonder régulièrement et procéder à leur édification, les sciences ont dû toujours demander et demandent qu'on leur accorde :
Premièrement, certaines thèses de réaiité, soit/w^**"
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cipes, soit choses, qui sont ou des données de la conscience, ou des données de Texpérience, et qui impliquent la conformité de ces deux ordres.
Secondement, un usage correct des sens et des règles de Tentendemenl, l'exercice des fonctions intellectives et réfléchies, et l'exactitude des analyses et des synthèses partielles qui fondent la connaissance systématique.
Cette double concession forme un ensemble de vérités qui appartient, comme on l'a vu, au premier ordre de la certitude, mais sous une double réserve :
D'abord les thèses de réalité, soit principes, soit choses, n'ont leur valeur de certitude entière, universelle, qu'autant qu'on les borne à des formes ou objets de l'intelligence commune, exprimés avec des formules vulgaires. En réclamant des énorfcés définitifs, des termes complètement définis, des synthèses telles que peut seule les constituer une analyse préalable achevée, on exigerait que chaque science eût pour donnée première la conclusion de quelque autre, ou la sienne propre, nécessairement ignorée au début et dans le cours de la recherche. Par exemple , le physicien ne connaît pas de cette manière exacte la chaleur, la lumière, Télectricité, objets de ses expériences ; la réalité, son point de départ , se compose de quelques séries de phéno^ mènes sensibles où il entrevoit à peine des lois, où il ne saisit des êtres déterminés que par une illusion qui peu à peu se dissipe. L'astronome ignore en commençant si les astres sont grands ou petits, éloignés ou proches, terres ou météores ; et s'il croit percevoir leurs vrais mouvements, il se trompe. Le chimiste ne connaît guère